Le polar de Poirette - "L’étoile du Nord", de D.B.John

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Chaque samedi, Bernard Poirette vous fait découvrir ses coups de cœur en matière de polar.

Un couple de jeunes sud-coréens batifole sur une plage isolée. Juste en face, à quelques kilomètres, c’est la Corée du Nord de Kim Jong Il. De la mer surgissent des hommes grenouilles. Sans témoins, les jeunes gens sont kidnappés, direction Pyongyang, autrement dit nulle part. La police, elle, conclut à une double noyade. Nous sommes en 1998.

Douze ans plus tard, Jenna Williams, sœur jumelle de la kidnappée et désormais brillantissime enseignante aux Etats Unis est contactée par la CIA. Le satrape fou de Pyongyang menace d’atomiser le Japon et la Californie. Jenna sait tout ce qu’il est possible de savoir du pays ermite communiste. Les hommes de Langley veulent donc l’expédier là-bas pour tenter de bloquer le programme nucléaire de Kim. Elle accepte cette mission très dangereuse, avec l’objectif secret de retrouver sa sœur. Elle n’a jamais cru à sa mort. Elle sait que sa jumelle est retenue au Nord et qu’elle est vivante. La faire repasser à l’Ouest est un pari impossible. Mais elle est prête à le tenter.

Je vous préviens tout de suite : si vous ouvrez « l’étoile du Nord », vous êtes bons pour l’insomnie. Car cette histoire est tout simplement géniale. Vous comme moi, nous n’irons jamais en Corée du Nord. David John nous offre ce voyage au bout de l’enfer paranoïaque et concentrationnaire de la dynastie des Kim. C’est terrifiant et fascinant à la fois. D’autant que toute la base est vraie. La grande famine des années 9O, le goulag nord-coréen, les expériences sur les prisonniers, la frontière passoire avec la Chine, le train blindé du Cher Dirigeant… jusqu’au sidérant programme de métissage dont je ne vous dirai rien car c’est l’une des clés de ce roman exceptionnel, qui pêche tout de même sur un point : David John n’est pas Graham Greene ou John le Carré. Côté style, peut mieux faire. Mais vous allez tout de même vous régaler avec "L’étoile du Nord", signé D.B.John. Ça vient de paraître aux Arènes, dans la collection Equinox.