Le mot de la semaine : Fraternité

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Le mot de la semaine est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Nous parlons ce dimanche d'un mot bouleversant, qui nous a forcément touchés ces quinze derniers jours, il s'agit du mot "fraternité".

FRATERNITÉ

Frère et fraternité témoignent d’une langue qui marie des mots ayant mué au hasard de la prononciation entre les 4ème et 12ème siècles et d’autres que nous avons reconstruits à partir du latin classique.

Frère vient directement du latin frater qui désignait un frère de sang au sens large.Le proche, le frère de naissance, s’appelait frater germanus. Nous avons gardé germanus dans notre cousin germain. Dès l’époque romaine, frater désigne aussi le lien d’amitié. Il avait ce sens dans son origine indo-européenne bhrater. En français, frère désigne les membres d’un groupe humain dès le 11ème siècle. Petite originalité orthographique, il s’écrira sans accent jusqu’en 1740. En 1740, l’académie sous l’influence de l’abbé d’Olivet l’écrit avec un accent aigu. Il avait une excuse. Celui qui devait imprimer cette édition manquait de « e » avec accent grave.On met un accent aigu par défaut… Il faudra attendre 1762 pour que l’abbé réussisse à lui donner son orthographe actuelle. Dès le moyen âge, frère rassemble tous les humains comme en témoigne François Villon dans la ballade des pendus : Frères humains, qui après nous vivez. Dans sa dernière définition, l’académie précise : Tout homme en tant qu'il appartient à la famille humaine. Toute personne unie à d'autres par des liens fraternels, par un sentiment d'appartenance à une communauté.

Et pour le mot fraternité… On le reconstituera au 12ème siècle à partir du latin classique fraternitas qui désigne les relations entre frères, entre peuples. Au 17ème siècle, on l’emploie dans un sens familial devenu assez rare aujourd’hui. Actuellement, il désigne le lien qui relie entre eux les membres d’une communauté qu’elle soit laïque, religieuse ou nationale. En 1835, l’académie le définit ainsi « liaison étroite que contractent ensemble ceux, qui sans être frères de sang, se traitent réciproquement de frères ». En 1935, elle parle de Fraternité d'esprit. Fraternité de sentiments. Exactement ce que  nous connaissons actuellement.Le mot frère qui a vogué au fil du temps se trouve intégré au mot fraternité que nous avons recréé.

Or, pour que deux frères puissent être francs, c’est-à-dire libres,il faut que l’égalité règne entre eux et pour pouvoir être égaux, il faut un maximum de liberté.