Afrique du Sud : une solution originale pour sauver les rhinocéros

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Rhinocéros, Afrique du Sud, AFP 1280 6:01
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Pour lutter contre le braconnage des cornes de rhinocéros en Afrique du Sud, une solution radicale a été trouvée : les couper, tout simplement.

On vole ce soir au secours des rhinocéros blancs. La race vous savez est menacée d'extinction. En Afrique du Sud, on a mis au point une méthode assez originale pour décourager les trafiquants. Comment font-ils ?

Ceux qui combattent le braconnage ont tout simplement décidé de supprimer l'objet de la convoitise, c'est-à-dire les cornes des rhinocéros, qui valent plus que le poids total de l’animal en or. Plus de corne, plus de raison de tuer ce gros mammifère.

Mais donc ils les coupent ?

Exactement. D'abord ils endorment la petite bête de 2.000 kg grâce à des fléchettes tirées d'un hélicoptère. Puis quand le rhinocéros est inerte, mais conscient, ils lui mettent des caches-oreilles en mousse et un bandeau sur les yeux, pour essayer de réduire le stress, puis ils y vont à la tronçonneuse, à la base des deux cornes. Mais pas trop bas, pour que ce ne soit pas douloureux et pour ne pas endommager les cellules de croissance de la corne.

Parce que ça repousse ?

Oui, ça repousse ! La nature est bien faite. Mais enfin du coup, il faut recommencer tous les 18 mois à 2 ans. Et en plus, pas question de décorner un rhinocéros et pas son voisin. Sur un même territoire, tous doivent être amputés de leurs cornes sinon ça rendrait certains vulnérables en cas de bagarres. Donc ça coûte cher et ça ne peut concerner que des petites ou moyennes réserves.

Et est-ce que ça marche, ça décourage les braconniers ?

Pas à 100%, il y a toujours des barbares qui tuent pour la base de la corne. Mais globalement, oui, les résultats sont très bons. Par exemple dans la province du KwaZulu-Natal, au sud-est du pays. Dans les années 2010-2015, environ 25% des rhinocéros abattus l'étaient sur des réserves privées. Eh bien sur ces réserves, où les vétérinaires ont coupé les cornes depuis deux ans et demi, cette mortalité est tombée à 5% du total de victimes. Donc ces équipes reconnaissent que ce n'est pas idéal, ça reste violent d’amputer ces animaux de leurs cornes mais c'est un mal pour un bien, qui permet de gagner du temps.

Du temps précieux dans un contexte où les rhinocéros sont vraiment en danger d'extinction...

Oui par exemple en Afrique du Sud, le pays où il reste la plus grosse population de rhinocéros, plus de 1.000 sont abattus chaque année. En Afrique, il reste environ 20.000 rhinocéros blancs du sud. Des rhinocéros noirs, on en compte un peu plus de 5.000. En revanche le dernier les rhinocéros blanc du nord est mort en mars, il s’appelait Soudan. Il n’y a plus qu’à espérer que ses gamètes, qui avaient été prélevées, puissent être utilisées pour une fécondation. Quant aux rhinocéros d’Asie, ils sont menacés également, avec à peine plus de 3.000 survivants.

Et puis on prend la direction du Brésil, paralysé depuis dix jours par une grève des routiers. Marie Naudascher, vous êtes au Brésil pour Europe 1. Au départ, ils demandaient une baisse du prix de l'essence. On va voir qu'ils vont beaucoup plus loin désormais. Mais d'abord ça ressemble à quoi un pays aussi grand bloqué par les routiers ?

Ça se voit très vite ! Car au Brésil, plus de 60% des marchandises circulent par la route, c’est presque un monopole. Or les camionneurs sont 250.000 à bloquer toutes les autoroutes. Donc il n’a fallu que quelques jours pour que les barrages aient des conséquences très concrètes. Les aliments manquent dans les supermarchés, avec quelques mouvements de panique, certains faisant même des stocks, les automobilistes font la queue pendant des heures dans les stations-services alors que les pompes à essence sont à sec, les bus ne roulent plus que partiellement, Il y a des réactions en cascade, les écoles et universités ont dû suspendre les cours.

Qu'est ce qu'ils demandent ?

Au départ, ils voulaient une réduction du prix de l’essence, qui avait doublé au cours des 12 derniers mois. Face à l’ampleur de la grève, le président Michel Temer a annoncé dimanche soir une baisse de 12% du prix du carburant. Mais malgré ça, le mouvement se poursuit car les camionneurs sont aussi des travailleurs indépendants, payés à la journée. A cause de la crise économique qui sévit au Brésil, leur pouvoir d’achat a considérablement baissé, donc une partie d’entre eux demande tout simplement le départ du président Temer.

Et vous me disiez que le mouvement fait tache d'huile ?

Oui, depuis hier, ce sont les 15.000 travailleurs du secteur pétrolier qui se sont mis en grève. Ce qu’on retient, c’est surtout l’impasse politique, très préoccupante en cette année électorale. La droite dure en a profité pour soutenir l’idée d’un coup d’État militaire alors même que le gouvernement, très impopulaire, a envoyé l’armée pour libérer les routes dans tout le pays.

En bref, après la disparition des rhinocéros, carnet rose pour une naissance rarissime : celle d'une bisonne blanche au zoo de Belgrade !

Dusanka est née lundi. Elle a hérité des gènes de son père, un bison blanc d’Amérique arrivé en Europe très jeune. Il s’agit d’un phénomène très rare, lié à un gène récessif. Et pour beaucoup de peuples amérindiens, la naissance d’un bison blanc, en particulier d’une femelle, est le signe d’un heureux présage. Reste à interpréter les signes.

L’institut suédois de recherche sur l’environnement et une célèbre brasserie fabriquent une bière à partir d’eaux usées !

Et ils la commercialisent depuis vendredi dernier, et tout l’été dans certains bars et dans les festivals. L’idée est de sensibiliser la population à l’importance d’économiser l’eau. Et c’est aussi l’objectif du groupe Carlsberg qui s’est fixé comme objectif de diviser par deux sa consommation d’eau d’ici 2030. Une brasserie de Californie avait déjà créé sa bière à base d’eaux usées. La technologie existe pour les transformer en eau potable, il faut juste que les mentalités évoluent.