La fronde Bayrou et Attal, Marine Le Pen en tête d'un sondage pour la présidentielle et l'économie française moins performante que celle des USA

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Tous les jours dans la matinale d’Europe 1, Olivier de Lagarde scrute et analyse la presse du jour. Aujourd’hui, l'annonce de la non participation de François Bayrou au prochain gouvernement dont on attend toujours la composition et Marine Le Pen en tête des intentions de vote pour la prochaine présidentielle.

À quoi joue François Bayrou ?

C’est la très bonne question du jour. La nouvelle de sa non-participation au gouvernement est intervenue tard hier, mais les services politique ont travaillé vite.

Dans le Parisien Aujourd’hui en France, Olivier Beaumont et Pauline Théveniaud retrace le fil de cette journée de dupe.

« Parce que Macron et Bayrou avaient pourtant topé dans l’après-midi sur le nombre de ministre au gouvernement » raconte un témoin des tractations.

« Tout se passait trop bien. Le président était même prêt à accepter qu’il soit ministre d’Etat et numéro 2 du gouvernement ».

C’est finalement un échange téléphonique entre Bayrou et Attal qui fait tout capoter… Furieux, Bayrou appelle alors l‘AFP et fait parler la foudre.

« Ingérable, irritable, égotique »

Voilà pour les faits

La conséquence s’étale en gros titre à la Une du Télégramme. « C’est la crise Bayrou » annonce le journal Breton.

« On avait oublié qu’il pouvait être un tueur écrit Hubert Coudurier dans ses colonnes… Qu’il avait pourri la fin du mandat de Sarkozy qualifié d’enfant roi quitte à favoriser l’élection de Hollande ».

Et l’éditorialiste d’expliquer que Bayrou c’est surtout un pouvoir de nuisance et une jouissance d’exister dans une majorité déjà affaibli…

« Ingérable, irritable, égotique… Il fait ici la démonstration du pourquoi il ne pouvait pas entrer au gouvernement » déclare très énervé un conseiller de l’exécutif aux Echos.

Alors peut-être, mais c’est en tous cas « une humiliation publique et une claque pour Attal » analyse dans le figaro un ministre proche d’Emmanuel Macron. Cette initiative fragilise-t-elle la majorité en marquant une rupture du modem s’interroge dans ses colonnes Loris Boichot. « Ça peut être un tournant » estime un haut gradé du parti.

À qui profite cette nouvelle crise ? La réponse est déjà dans Valeurs Actuelles cette semaine.

L’hebdomadaire publie un sondage Ifop qui va faire couler beaucoup d’encre : Sondage qui donne Marine Le Pen vainqueur au 2eme Tour de la présidentielle 51 / 49 contre Gabriel Attal et à 50/50 dans l’hypothèse où elle affronterait Edouard Philippe.

Mais le plus spectaculaire c’est le résultat du premier tour où la candidate du RN est désormais créditée de 36% des voix. 14 points devant le candidat majorité présidentielle.

Commentaire de Marine Le Pen : « Tout ce que nous avions prédit se déroule en ce moment même ».

Belloubet : le retour ?

Ce que personne n’avait prédit c’est que nous n’aurions toujours pas de gouvernement au complet un mois après la nomination de Gabriel Attal à Matignon.

Si vous n’êtes pas fatigué par les rumeurs sachez que celle qui galope aujourd’hui c’est celle du retour de Nicole Belloubet. L’Ancienne Garde des Sceaux remplacerait Amélie Oudéa Castéra à l’Education Nationale…

100 milliards d’euro de déficit

Parlons du commerce extérieur, si un ministre en charge du dossier avait été nommé. Il aurait pu se féliciter de la baisse du déficit mais il aurait eu tort. Parce que le chiffre 2023 n’est pas bon il est juste un peu moins catastrophique que celui de l’année précédente. Et à la une du Figaro, Gaétan de Capèle nous explique pourquoi c’est grave.

100 milliards d’euro de déficit, c’est le véritable thermomètre de l’état de santé d’un pays. Il mesure à la fois notre dépendance et notre compétitivité. Et bien la France poursuit sa glissade nous cédons chaque année du terrain par rapport à nos concurrents.

« L’Amérique innove, la Chine imite, l’Europe régule ».

Oui mais Pourquoi ? Pourquoi finalement la croissance française est-elle toujours inférieure à celle des États-Unis par exemple.

Ça aussi c’est une bonne question. Eh bien si elle vous intéresse lisez la chronique que signent Augustin Landier et David Thesmar respectivement prof à HEC et au MIT. C’est dans les Echos, journal qui est loin d’être anti-européen que vous lirez ça…

Leur réponse, c’est que c’est l’excès de réglementation qui nous plombe. 

D’ailleurs la presse américaine est goguenarde quand elle résume la situation : « L’Amérique innove, la Chine imite, l’Europe régule ». RGPD, loi sur l’IA, green Deal, Farm to fork. Bruxelles accumule les contraintes sur les petites entreprises qui ne sont pas équipés pour gérer la réglementation.

Pour les technocrates, les normes ont un avantage important poursuivent-ils : elles ne coutent rien aux dépenses publiques. Sauf qu’elles plombent la croissance… Bruxelles doit donc changer d’ADN…

Et comme en échos nous allons laisser la conclusion à Etienne Gernelle ce matin. Dans le Point, Il est l’un des seuls à se féliciter de l’absence de gouvernement… Et la conséquence écrit-il, c’est que pendant ces quatre semaines de jachère dans les ministères, nombre de normes et de règlementations absurdes n’ont pas pu voir le jour… Et de se féliciter de ces congés de cette folie normative.

Malheureusement Bayrou ou pas un gouvernement nous est promis pour les heures qui viennent. Les meilleurs choses ont toujours une fin.