Le fumier, véritable or noir de l'agriculture

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Notre planète est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Dans sa chronique quotidienne, Fanny Agostini, depuis sa ferme de Haute-Loire, explique un enjeu écologique, avertit d'un danger environnemental ou met en avant une belle initiative pour la planète.

Fanny Agostini, chroniqueuse d'Europe 1 installée dans sa ferme en Haute-Loire, revient chaque jour un thème lié à l'environnement. Aujourd'hui, elle s'attarde sur l'or noir... mais ce n'est pas du pétrole !

Je vous parle d’une matière que l’on peut considérer comme de l’or, je veux vous parler du fumier, c’est-à-dire des excréments des animaux d’élevage qui, mélangés avec la paille des litières, reposent en tas dans les fermes. On peut le considérer comme une richesse car dans le temps, comme le dit si bien un voisin et ami agriculteur, on pouvait mesurer la richesse d’un paysan à la hauteur de son tas de fumier. Ce tas de fumier avait une valeur tel que l’adage disait : "Qui vend son fumier vend sa ferme" !

A quoi peut servir le fumier ?

Entreposer à l’extérieur, ce mélange d’excréments et de paille va maturer, être décomposé par des vers de terre, champignons et microorganismes jusqu’à devenir une matière très intéressante car elle va devenir un superbe fertilisant. Ainsi, un paysan qui élève par exemple ses vaches va pouvoir fertiliser ses prairies en répandant ce précieux fumier pour que l’herbe pousse, que ces bêtes s’en nourrissent et faire du stock de bon foin pour l’hiver. Il peut aussi par cette méthode fertiliser d’autres champs de culture maraîchères ou céréalières.

Même les végétariens auraient besoin de l’élevage dans ce cas ?

Cela peut paraitre un poil provocateur mais ce qu’il faut comprendre, c’est que pour se passer d’engrais chimiques, c’est l’une des meilleures options ! S'il on regarde un peu dans le rétro et que l’on comprend comment fonctionnent encore certaines fermes et comment fonctionnaient toutes le fermes à petite échelle auparavant, on s’aperçoit que le système est circulaire, que la boucle est bouclée, de l’animal au tas de fumier jusqu’au champs de culture. Et dans ce cas, pas besoin de chimie. Ainsi la vache va pouvoir manger l’herbe qu’elle aura elle même permis de produire grâce au fumier, ce fumier qui pourra aussi permettre de faire pousser d’autres produits alimentaires végétales sans fertilisant chimiques. Le drame de notre époque c’est que l’agrandissement des exploitations et la spécialisation des territoires a entrainé une séparation avec d’un côté l’élevage et de l’autre les cultures végétales nous condamnant à utiliser d’avantage de chimie pour stimuler les sols.