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Tous les matins, Emmanuelle Ducros dévoile aux auditeurs son “Voyage en absurdie”, du lundi au jeudi.

Après les attaques du Hamas sur Israël, l’Union européenne s’interroge. Doit-elle continuer à accorder des aides financières à la Palestine ?

 Est-ce que cela ne contribue pas à financer les activités terroristes du Hamas?  L’Union européenne est la première contributrice au soutien à la Palestine. Allocations sociales,  programmes de santé et d’éducation, pensions, développements. Le soutien financier prévu atteint 1,7 milliard d’euros pour la période 2021 et 2024 – la moitié a déjà été versée.

Cela donne lieu, depuis, à trois jours à une série de déchirements.

Lundi, sortie sur X du commissaire européen en charge du voisinage avec l’UE, le Hongrois Oliver Varhelyi, proche de Victor Orban : "Face à l’ampleur de la terreur, il n’est pas possible de continuer à faire comme si de rien n’était. Tous les paiements sont immédiatement suspendus". La Commission prise au dépourvu s’étrangle, suspend la suspension et annonce prudemment une revue de toutes les aides fournies à la Palestine "afin de garantir qu’aucun financement de l’UE ne permette indirectement à une organisation terroriste de mener des attaques contre Israël". Josep Borrell, le chef de la Diplomatie fait valoir que la plupart des 27 sont favorables au maintien des aides. De fait, ils sont divisés. La France, l’Italie, l’Espagne ou l’Irlande y sont favorables. Pas la Tchéquie, pas l’Autriche. L'Allemagne hésite.

Cela a donné lieu à des réactions passionnées, dans un sens, dans l’autre.

Ici en France, Eric Ciotti, président des Républicains, et Marine Le Pen, hier sur Europe1, ont appelé à suspendre les financements. La député européenne Renaissance Valérie Hayer s’est insurgée : "Non, le Hamas n’a jamais touché un euro du budget européen." A gauche, on tient que couper les vivres à Gaza, c'est pousser de plus en plus de palestiniens dans les bras du Hamas.

Et dans les faits ? Qu’en est-il de l’argent versé par l’Europe à la Palestine?

L’aide emprunte de nombreux circuits. Elle passe par l’ONU, par des accords entre organisations, par des ONG. Sans compter les aides directes des Etats via leurs programmes de développement. Un énorme millefeuille qui jette le doute sur la destinée de tous les fonds. Le Hamas qui gère Gaza n’est pas seulement un groupe terroriste, mais aussi une organisation mafieuse. Une revue impitoyable des programmes s’impose. La confiance, n’exclut pas le contrôle. Surtout quand cette confiance est inexistante.

D’autant qu’il y a déjà eu des dérapages...

En juillet 2022, un député européen suédois du PPE avait interrogé la Commission 18 million de financement accordés entre 2014 et 2021, à l’Université islamique de Gaza. Une université intrinsèquement liée au Hamas, elle a  le même fondateur, le cheik Yassine. La commission lui avait répondu que le programme n’avait pas été reconduit après 2021, l’Université n’ayant pas signé un contrat acceptant un certain nombre de conditions de l’UE

Et puis, il y a aussi eu le cas Femyso, association de propagande islamiste pour la jeunesse, dérivée des Frères musulmans, maison mère du Hamas. Elle a bénéficié de subsides européens jusqu’en 2022, malgré les indignations. Les citoyens européens doivent exiger de leurs élus européens des engagements clairs dans la campagne électorale.