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Chaque matin, Pierre de Vilno fait le point sur les dernières innovations automobiles. 

Pierre, vous nous dites que le bonus écologique pour les voitures ne sera pas le même l’an prochain, au premier janvier 2016.

Et non, et parfois on se demande ce que fait le gouvernement puisqu’on a l’impression d’aller à contre courant du progrès pour le respect de l’environnement. Cette année, les futurs acheteurs de voitures électriques étaient encouragés, ça c’est le fer de lance de notre gouvernement, Madame Royal montre d’ailleurs l’exemple en roulant en Renault Fluence. Étaient aussi encouragés les acheteurs d’hybrides, et en particulier d’hybrides rechargeables. Vous savez ces modèles qui ont un moteur à essence, mais que vous pouvez parallèlement brancher sur une prise de courant, de façon à parcourir une cinquantaine de kilomètres en tout électrique.

Et ça c’est fini? Presque. Regardez bien : si vous achetiez une hybride classique, type Prius ou Yaris, consommant de fait moins de 110g de CO2 (et je ne parle pas des particules fines, toujours pas mesurées ni sanctionnées ), vous touchiez, en 2015, 2.000 euros. En 2016, le coup de pouce tombe à 750 euros. Pour une hybride rechargeable, qui elle ne rejette que 20 à 60 grammes, on passe de 4.000 à 1.000 euros. Alors comment voulez vous que les gens s’y retrouvent ?

Pendant ce temps, les défiscalisations continuent sur les voitures Diesel classiques, et même François Hollande, qui roulait en DS5 hybride, a adopté désormais un bon vieux diesel classique sur la nouvelle version de la DS5.

Qu’est ce qui explique ce revirement ? L’argent, comme toujours ! L’Etat a déjà beaucoup payé pour soutenir les achats de voitures dites "vertes". Longtemps déficitaire, le système de bonus/malus tend à se mettre à l’équilibre en 2016 et l’Etat pense pouvoir récupérer 241 millions d’euros. 99% de cette somme seront consacrés au paiement du bonus 2016 et donc, selon les prévisions, le coup de pouce ne pouvait plus être aussi gros. En même temps, on peut voir cela de deux façons différentes : soit on se dit que l’Etat ne joue pas le jeu, parce que les Français ont une culture d’assistés, soit on se dit que pour la planète, et pour la santé de chacun, c’est aussi à nous tous de se mobiliser et préférer une voiture propre plutôt qu’un bolide puissant ou un gros 4x4 diesel. Quant aux défiscalisations sur le diesel, le mystère reste entier. Sans doute encore une affaire de lobbies pétroliers.