La colère des policiers déstabilise la classe politique

  • A
  • A
Le portrait de Catherine Nay est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
Partagez sur :

Les policiers expriment leur raz-le-bol dans une suite de manifestations. Une contestation inédite qui semble échapper à la compréhension des politiques.

Après cinq jours de manifestation nocturne et en dépit des gestes d'apaisement de Bernard Cazeneuve, le mouvement de révolte des policiers ne fléchit pas. Les syndicats policiers eux tentent de reprendre la main. Ils seront reçus lundi par François Hollande.

Ces manifestations traduisent quoi ? Les flics ont peur ! 5% d'entre eux ont été blessés ou sont encore à l’hôpital. Il y a une augmentation des violences à leur égard de 30% au premier semestre 2016. La goutte d'eau qui a tout déclenché, c'est l'attaque au cocktail Molotov à Viry-Châtillon le 8 octobre, où un adjoint de sécurité de 28 ans est toujours plongé dans le coma. Sa collègue de 39 ans est sortie seulement hier. Ils étaient postés pour protéger une caméra à un carrefour. Était-ce bien judicieux ? Bernard Cazeneuve a qualifié les agresseurs de "sauvageons", un mot presque affectueux, comme s'il les excusait. Les policiers l'ont très mal pris car ils savaient que les "sauvageons" sont des assassins. Il a fallu attendre hier pour qu'une information judiciaire soit ouverte pour tentative de meurtre.

Bernard Cazeneuve a écrit aux policiers pour leur assurer qu'il comprend leur colère, cela suffira-t-il à l'apaiser ?

Ceux qui manifestent sont les plus radicalisés, mais il serait faux d'y voir la patte du Front National, qui n'a jamais fait plus de 5% dans les élections internes. C'est un mouvement au contraire qui est unitaire, spontané. Le raz-de-bol vient de loin. Souvenez-vous des Assises de la CGT, où une affiche exhibait un policier matraquant un manifestant crâne ouvert. Les policiers regrettent que le ministre n'est pas porté plainte contre la CGT. De même ils s'étonnent qu'aucune interdiction n'ait été prononcée contre le collectif "Urgence, la police assassine" soutenu par l'extrême gauche. A la fin de l'Euro Bernard Cazeneuve s'est félicité qu'il n'y ait pas eu d'attentat. Les policiers regrettent que le ministre ait oublié que c'est durant cette période qu'un couple de policiers a été égorgé. Un crime épouvantable vite passé à la trappe. 

Les policiers malmènent maintenant leur propre "patron", Jean-Marc Falcone. 

Sur ordre de Bernard Cazeneuve, le directeur général de la Police nationale s'est rendue à Evry. Lorsqu'il repartit en pleine nuit, des centaines de policier l'ont sifflé et crié "Falcone démission". L'un d'eux c'est même allongé pour empêcher sa voiture de partir. Voiture qui a finit par démarrer en flèche ! Une image terrible, comme si le patron avait peur de ses troupes. 

Un autre slogan : la racaille en prison.

Autre facteur important de la colère. Les policiers ont l'impression que leur travail ne sert à rien puisqu'ils retrouvent dans la rue ceux qu'ils ont arrêtés. Ils dénoncent le laxisme de la Justice. Les juges plaident au contraire qu'ils sont sévères. Le problème est l'application des peines. Dans leur viseur, la loi Taubira qui a crée des peines de contrainte pénale pour des délits inférieurs à 5 ans (en clair on évite la prison). Les policiers ne veulent plus faire de procédures chronophages pour aucun résultat.