La colère d'Erdogan contre Le Point et les incroyables destins de Stéphane Courbit et Bernard Tapie

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Le journal des médias est une chronique de l'émission Culture médias
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Alors que le président turc a décidé de porter plainte contre Le Point, Stéphane Courbit s'offre Endemol pour près de deux milliards d'euros et Bernard Tapie est à l'affiche d'un documentaire exceptionnel sur L'Équipe.

L’histoire d’un Français qui monte sur le toit du monde.

Stéphane Courbit, le patron de la société de production Banijay, a finalisé ce week-end le rachat du géant Endemol. Et comme le grand public ne connaît pas toujours qui se cache derrière les programmes que tout le monde regarde, Endemol, c’est "The Voice", "Masterchef", la série "Peaky Blinders" ou "Black Mirror". Mais Endemol, c’était aussi "Loft Story". Quant à Banijay, c’est elle qui produit aujourd’hui "Koh Lanta", "Fort Boyard" ou encore les émissions de Cyril Hanouna. Le nouvel ensemble aura un catalogue de plus de 100.000 heures de contenus et sera le premier producteur audiovisuel mondial, ce qu’était d’ailleurs déjà Endemol.
À la tête de cette opération, Stéphane Courbit, avec une jolie pirouette de l’histoire. En 2007, Stéphane Courbit fait fortune en revendant les parts qu’il détient dans la filiale Endemol France à Endemol. Et le voilà qui s’offre aujourd’hui la maison mère. Une opération estimée un peu en dessous du seuil des deux milliards d’euros.

Lendemain de PSG-OM oblige, un documentaire diffusé ce soir sur la chaîne L’Équipe et qui revient sur un des grands personnages du sport français contemporains, Bernard Tapie.

"Bernard Tapie, l’affranchi", un titre qui en dit long sur ce personnage qui aura marqué autant le sport et que les médias français des années 80/90. Un titre qui s’est imposé au réalisateur Sébastien Tarrago.
Tapie coupable ou innocent, à chacun de se faire son opinion, mais à entendre ceux qui l’ont côtoyé, une chose semble sûre : le bonhomme avait du charisme.
Écoutez ce qu’en dit Jean-Pierre Bernès, qui était le directeur général de l’Olympique de Marseille du temps de la splendeur et de la chute du club. À propos de Jean-Pierre Bernès, on apprend dans le film que Tapie et lui ne s’était pas revus depuis la fin de l’affaire VA-OM et que les deux hommes se sont justement retrouvés la veille du témoignage de Bernès dans le documentaire.

Il y en a d’autres dans le film qui racontent avoir été franchement agacés par Bernard Tapie.

C’est le cas du coureur cycliste Greg LeMond, de l’ancien gardien de l’OM Pascal Olmeta ou de Basile Boli, le buteur de la finale de la Ligue des champions en 1993. Écoutez son témoignage, encore un peu énervé, dans le documentaire "Bernard Tapie, l’affranchi".
Internationaux de football ou quidam à Bagnolet, il faut croire que pour Bernard Tapie, cela ne faisait pas de différence, forcément de quoi renforcer cette image d’homme à part.

Est-ce qu’on l’entend dans ce documentaire ?

Non, pas de Tapie dans le film mais du Tapie après le film. Celui qui se bat toujours aujourd’hui contre la maladie a enregistré une interview pour l’Équipe. Un entretien d’une demi-heure diffusé sans montage, où Bernard Tapie réécrit parfois légèrement l’histoire, tout en assurant qu’aujourd’hui ces priorités ont beaucoup changé. Aujourd’hui, il l’assure, il préfère montrer l’exemple à ceux qui se battent contre le cancer que reparler de l’affaire OM-VA. Dans "Bernard Tapie, l’affranchi", on parle aussi cyclisme, avec les témoignages de Bernard Hinault et Greg LeMond. Pour tout découvrir, c’est ce soir à 21 heures sur la chaîne L’Équipe.

Le président turc, Recep Erdogan a décidé de porter plainte contre l’hebdomadaire Le Point.

Une plainte révélée par le directeur du Point lui-même, Etienne Gernelle. Il faut croire que le dirigeant turc n’a pas franchement apprécié la une qui le présente comme un "éradicateur" et parle de nettoyage ethnique, en référence à la situation du peuple kurde. Ce n’est pas la première fois que la Turquie réagit très mal à la Une du magazine. L’an dernier, Recep Erdogan s’en était pris au Point qui le présentait à l’époque comme un "dictateur". Plusieurs affiches du magazine avait été arrachée en France par des supporters du président turc et la rédaction avait "reçu des menaces de mort directes", rappelle Etienne Gernelle, le directeur du Point. Le Syndicat des éditeurs de la presse magazine a condamné la plainte du président turc.