Visite d'Erdogan à Paris : une nouvelle source de tensions entre le gouvernement et la France insoumise

SAISON 2017 - 2018
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Chaque matin, Sylvain Chazot du Lab d'Europe 1 nous dévoile les coulisses de la politique.

Une visite présidentielle qui a du mal à passer ce vendredi à Paris.

Celle du président turc, Erdogan, qui est reçu ce vendredi à l’Élysée. Une visite qui ne plait pas du tout au Parti communiste et à La France Insoumise.

Emmanuel Macron reçoit ce vendredi le président turc, Recep Erdogan. Une visite qui s’annonce houleuse.

Houleuse oui et à plusieurs niveaux. Du point de vue international d’abord, les relations entre la France et la Turquie ne sont pas simples. Emmanuel Macron a déjà dû, à deux reprises, intervenir auprès de son homologue turc pour obtenir la libération des journalistes français Loup Bureau et Mathias Depardon.
Cette question de la liberté de la presse en Turquie va être évoquée ce vendredi à l’Élysée, c’est ce que l’on assure. Emmanuel Macron s’y est engagé ! La question des droits de l’homme, dans un pays en pleine purge depuis le coup d’État avorté de juillet 2016, doit également être soulevée. Bref, l'ambiance pourrait être un peu tendue.

Ça c’est pour l’international, mais du côté de la politique intérieure aussi, cette visite crée des remous.

Le Parti communiste et la France insoumise ont publiquement dénoncé cette visite. Une "provocation" et un "outrage à l'égard des familles des victimes et des Kurdes", selon le Parti communiste français. Même son de cloche du côté de Jean-Luc Mélenchon sur Twitter : "Erdogan n'est pas le bienvenu à Paris. Pensée pour les milliers de Kurdes, nos camarades du HDP et les journalistes emprisonnés".

Mais pas de quoi inquiéter le gouvernement français. Écoutez le secrétaire d’État, Jean-Baptiste Lemoyne, ce jeudi sur Sud Radio.
Une référence à cette séquence houleuse, elle aussi, de Jean-Luc Mélenchon dans L’Émission politique sur France 2 fin novembre et à la bienveillance du député insoumis envers le régime vénézuélien.

Est-ce qu’il n’y a pas quand même un risque en terme d’images pour Emmanuel Macron ?

C’est la question que l’on peut se poser. Le président Erdogan est reçu pour un déjeuner en son "honneur", ce sont les termes de l’Élysée. Certains tiquent mais Emmanuel Macron a-t-il le choix ? La Turquie est un partenaire dans la guerre contre Daech, dans la gestion des flux migratoires et dans les discussions avec la Syrie Bachar el-Assad.
Le pays est à la frontière entre l'Europe et l'Orient, que le pouvoir en place sombre dans la dictature n’y change rien, c’est ce qu’on appelle la realpolitik.

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