"Madame la présidente, ne laissez pas l'insulte homophobe, qui n'a rien de folklorique, polluer le sport"

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La revue de presse est une chronique de l'émission Trois heures d'info
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Chaque jour, David Abiker scrute la presse papier et le web et décrypte l'actualité.

L’homophobie des stades "un folklore" ? 

La Une qui claque ce mardi matin c’est celle de L’Équipe. La fête continue pour l’équipe qui célèbre la victoire nette de la France hier face à l’Islande. On regardera aussi la Une de France football : Zinédine Zidane sélectionneur du réal Madrid côte à côte avec Kylian Mbappé. Kylian Mbappé qui pourrait, selon le magazine, être le transfert de l’année du PSG vers le club espagnol. Le feuilleton ne fait que commencer. Mais sur la planète football, l’occasion manquée du jour on la doit peut-être à la présidente de la ligue de football professionnel interrogée ce matin par Le Parisien-Aujourd’hui en France après les propos de la ministre des Sports qui veut sanctionner les chants homophobes dans les stades. Nathalie Boy de la Tour estime que "pour les supporteurs, les chants homophobes font partie du folklore". Mot qu’elle utilise à quatre reprises et elle s’en explique. "J’assiste à plus de 50 matchs par an, dit-elle. Ce sont des propos (les propos ce sont les insultes homophobes) qu’on entend régulièrement. Ça ne veut pas dire qu’ils sont acceptables mais ils font partie d’une ferveur populaire qu’il faut prendre comme telle". Mais non l’homophobie ne relève pas du folklore des stades, c’est une sale habitude. Comme les insultes racistes. L’homophobie n’est pas plus un folklore que le harcèlement scolaire n’appartient au folklore éducatif ou dégazer en pleine mer au folklore maritime. Allez Madame la Présidente, on sait que vous faites ce que vous pouvez mais de grâce ne laissez pas l’insulte homophobe qui n’a rien de folklorique polluer le sport. Vous l’aurez compris, ce mardi matin la presse nous parle d’écologie.

Européennes : tous écolos

Ça n’échappe ni aux Échos, ni à l’Opinion ni au Midi Libre. Ce n’est pas les voix européennes qui vont faire courir les candidats mais les voix écolos stimulée par la récente manifestation pour le climat. "C’est la chasse aux hommes verts", explique Cécile Cornudet dans les Échos. "Élections européennes, tous écolos", titre l’Opinion. De la République en Marche à la France Insoumise sans oublier Place Publique, et chacun trouve les mots pour verdir. Chez les Républicains, on parle d’écologie positive par opposition à l’écologie punitive qui a réveillé la colère des Gilets jaunes. Au Rassemblement National, on évoque l’écologie enracinée ou une écologie de civilisation. Et l’Opinion rappelle qu’il est loin le temps ou Jean-Marie Le Pen qualifiait l’écologie de sujet de Bobo. Dans le Midi Libre, le ministre de l’Environnement discute avec les lecteurs tandis que la ministre des Transports présente dans Ouest France son plan transport écolo-compatible. Ce mardi matin dans les journaux, la campagne européenne est ouverte et toute verte.

Hécatombe de moules

Hécatombe de moules. "Les moules meurent énormément et on ne sait pas pourquoi", titre la Voix du Nord qui s’inquiète de la surmortalité du coquillage observée sur les rochers des plages situées entre Equihen Plage et le Cap gris Nez. 90 à 95% de perte dans cette zone ou leur disparition pourrait s’expliquer par une mer plus agitée qu’à l’ordinaire, la hausse des températures voire une bactérie appelée Vibrio splendidus. On dirait qu’il n’y a plus de moules sur les rochers, s’alarme Claude Seillier qui pêche la moule avec son père depuis 30 ans. La région est déjà sollicitée pour des aides et il faudra un an pour reconstituer le parc. Et alors que s’ouvre à l’ONU le second round des négociations visant à protéger la haute-mer, le Figaro décrit le fléau invisible qui ravage les profondeurs : les canicules marines. Leur fréquence a progressé de 50% au XXe siècle indique, le Figaro et elles sont de plus en plus longues, provoquant par exemple la migration du poisson perroquet ou de l’oursin qui broutent les algues et éliminent les espèces indigènes. L’enjeu de ces négociations sur la protection des océans, c’est la conservation des océans au-delà des zones contrôlées par les États. Autrement dit, que la haute mer soit considérée comme un bien commun de l’humanité.

Une parcelle à bâtir en prime de match

david Abiker termine avec de la terre et du foot. Alors que l’Équipe magazine fait sa Une sur le salaire des champions avec Griezmann en couverture, premier champion français à dépasser les 30 millions d’euros annuels, une dépêche AFP annonce ce matin que les joueurs de l’équipe nationale de Tanzanie viennent de recevoir des parcelles de terre comme prime de match. 40 ans que le pays ne s’était pas qualifié en phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Le Président tanzanien a donc attribué à chaque joueur un terrain à bâtir à Dodoma, la capitale de la Tanzanie. Quel rapport avec le football de Griezmann, le joueur multimillionnaire en une de l’équipe ? C’est le même sport, le même ballon, le même terrain, les mêmes règles du jeu mais peut-être pas la même planète.