Voitures électriques : "Le vrai décollage du marché européen risque de prendre plus de temps que prévu"

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L'édito économique est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h30
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

Les ventes de voitures électriques vont-elles enfin décoller ? Beaucoup de constructeurs en doutent.

Oui c’est l’un des patrons de BMW qui a lancé le pavé dans la marre : "il n’y a aucune demande" pour des voitures électriques en Europe. Selon lui, les seuls endroits où les voitures 100% trouvent vraiment preneur auprès des consommateurs, c’est en Californie et en Chine. C’est évidemment un peu caricatural mais c’est vrai que le marché reste très étroit : en Europe, les voitures électriques ne représentent que 1,7% du marché, avec en tête deux modèles 100% électriques, la Tesla Model 3 et la Renault ZOE. On double la part de marché à 3,3% si on ajoute les hybrides rechargeables, mais vous le voyez, ça reste faible.

Et pourquoi est-ce que les consommateurs n’accrochent pas ?

D’abord à cause du prix. D’ailleurs, c’est bien simple, les marchés les plus dynamiques sont ceux où il y a le plus de subventions : la Norvège, un tiers du parc, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France… Chez nous, par exemple, le marché a bondi de 46% sur les six premiers mois de l’année, ce type de véhicules, électriques et hybrides rechargeables, pèsent désormais 2,5% des ventes de voitures neuves. Mais enfin ça reste des petits chiffres : le marché français, c’est en gros 2 millions de voitures par an dont 40.000 électriques et hybrides. Le prix reste le frein majeur avec bien sûr l’autonomie.

On atteint maintenant des autonomies de 400 kilomètres sur la plupart des modèles, sauf que c’est moins si vous mettez la clim ou le chauffage par exemple, et du coup ça rebute beaucoup d’automobilistes. Enfin les constructeurs pointent aussi le manque de bornes de recharge, ils demandent aux pouvoirs publics d’aider à densifier le réseau mais on en est loin.

Ce qui manque aussi, peut-être, c’est tout simplement le choix, il n’y a pas encore beaucoup de modèles.

C’est vrai, l’offre est encore réduite et ce ne sont pas toujours des modèles très sexy. On attend quelques nouveautés cette année avec la nouvelle ZOE, une 208 électrique, une Opel-Corsa également. Les constructeurs mondiaux ont prévu d’investir 164 milliards d’euros dans l’électrification de leur gamme d’ici 2023 donc ça va finir par se voir dans l’offre disponible. Encore faut-il qu’ils y croient. Car à écouter BMW, le vrai décollage du marché risque de prendre plus de temps que prévu.