Rapport de la Cour des comptes sur le déficit de la France : "On glisse dans le groupe des plus mauvais élèves de l'Europe"

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L'édito économique est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Nicolas Barré fait le point sur une question d'actualité économique.

 

Une mauvaise note pour Emmanuel Macron : c’est ainsi que l’on peut résumer le rapport annuel de la Cour des comptes, le gendarme des comptes publics français.

Oui c’est un avertissement : la Cour des comptes considère que le scénario de finances publiques est préoccupant. Traduction : notre pays ne parvient pas à redresser ses comptes publics. Et les 11 milliards d’euros venus grossir l’océan du déficit pour calmer la crise des "gilets jaunes" n’a fait qu’aggraver le problème. Les magistrats de la Cour des comptes sont rarement au contact direct des occupants des ronds-points, mais à la fin de la journée ils font les comptes.

Et le déficit va de nouveau dépasser les 3% du PIB cette année, selon les projections de la Cour des comptes.

Oui mais soyons honnête : ça ne dit rien à personne 3% du PIB. Retenez deux chiffres si l’on s’en tient à l’Etat : 400 milliards de dépenses, 100 milliards de déficit. Quand l’Etat dépense 100, il doit emprunter 25. Et ce que nous dit au fond la Cour des comptes, c’est qu’il y a là quelque chose de structurel et que l’on n’arrive pas à le corriger. Parce qu’on n’a pas de politique ambitieuse de réduction des dépenses publiques. C’est le premier avertissement de la Cour des comptes.

Le deuxième avertissement, c’est que nous nous écartons de la trajectoire des autres pays européens. On glisse dans le groupe des plus mauvais élèves : Italie, Grèce etc. Et ça c’est inquiétant au moment où la conjoncture se retourne.

On dit que Pierre Moscovici va bientôt prendre la tête de la Cour des comptes, c’est toujours d’actualité ?

Tout à fait : après avoir surveillé les comptes des pays européens, dont la France, depuis sa position de Commissaire européen en charges des affaires économiques et financières, Pierre Moscovici devrait le faire depuis la Cour des comptes. On relèvera qu’il s’est montré peu sévère à l’égard de la France depuis Bruxelles. Alors le sera-t-il davantage lorsqu’il sera à la Cour des comptes ? Ou est-il pressenti justement parce qu’il ne l’est pas trop ? Question ouverte.