Coronavirus et krach pétrolier : la planète financière panique

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L'éclairage éco est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Face à la crise sanitaire majeure qui secoue le monde, la chute des marchés est vertigineuse. On enregistre une baisse de 23% à Paris et à Francfort par rapport au plus haut depuis le début de l’année, plus de 17% de chute aux États-Unis. Le maillon faible ce sont les entreprises qui ont profité ces dernières années de conditions de financement faciles pour accumuler beaucoup de dette. Or, avec le coup d’arrêt de l’activité provoqué par le virus, elles sont prises à la gorge.

Krach boursier et krach pétrolier, la planète financière cède à la panique du virus. La crise est mondiale.

On a rarement connu une déroute pareille en effet. À Wall Street, on a même dû activer les coupe-circuits, c’est-à-dire suspendre le marché boursier pendant 15 minutes pour éviter un effondrement total. Ça n’était pas arrivé depuis près d’un quart de siècle. La chute des marchés est vertigineuse avec une baisse de 23% à Paris et à Francfort par rapport au plus haut depuis le début de l’année, plus de 17% de chute aux États-Unis. Les actions des banques en particulier sont au tapis. La Société générale a dégringolé de plus de 40% depuis la mi-février et BNP Paribas de 37%. Faut-il s’en affoler ? Les banques, en fait, sont plus solides, mieux capitalisées, mieux régulées que lors de la grande crise financière de 2008. Ce n’est pas de ce côté-là qu’il y a le plus d’inquiétudes à avoir.

D’où peut venir le danger ?

Le maillon faible ce sont les entreprises qui ont profité ces dernières années de conditions de financement faciles pour accumuler beaucoup de dette. Or, avec le coup d’arrêt de l’activité provoqué par le virus, elles sont prises à la gorge. Elles ne vont pas trouver de financement. La crise des subprimes de 2008 était partie, vous vous en souvenez, de ces particuliers trop endettés qui n’arrivaient plus à faire face à leurs échéances et donc qui faisaient défaut sur leur dette immobilière. Et ça avait eu un effet boule de neige. Cette fois, le risque est qu’il y ait un effet boule de neige provenant d’entreprises trop endettées qui ne sont plus capables de se financer. Vous voulez une lueur d’espoir dans ce paysage ? C’est que l’épidémie s’éloigne comme cela semble être le cas en Chine. Et qu’après trois mois d’économie à l’arrêt, l’activité reparte d’ici l‘été. Mais trois mois, ce sera très long pour tous ceux qui sont déjà au bord de l’asphyxie.