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Chaque matin, Nicolas Beytout analyse l'actualité politique et nous livre son opinion. Ce lundi, il décrypte l'omniprésence de Xavier Bertrand dans les médias en vue de l'élection présidentielle de 2022.

Ce dimanche, Xavier Bertrand était l’invité du Grand Rendez-vous, sur Europe1. Il avait, déjà, dans la matinée donné une interview au Parisien.

C’est ce qu’on pourrait appeler "le moment Bertrand". Depuis des mois, il s’emploie à installer l’évidence de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Il reçoit beaucoup, il visite beaucoup et il soigne ses relations avec les différents cercles de la droite et du centre. On voit que ça commence à rendre, si on en juge par les ralliements qui s’annoncent. Autre signe de son activisme en vue de la présidentielle, il va développer son "think tank", avec l’objectif que ça lui serve de boîte à idées pour son programme futur. Enfin, dernier élément de la stratégie, les médias. Xavier Bertrand se multiplie…

Est-ce que ça peut suffire pour être candidat ?

Evidemment non. En plus de se préparer sans relâche, il faut remplir une autre condition, sine qua non : en avoir envie. C’est bien ce qui semble manquer à un autre candidat potentiel de la droite, celui vers lequel tous les regards des Républicains se tournaient jusque-là, mais qui ne donne pas l’impression, mais alors pas du tout, d’en avoir envie.

Il s’agit de François Baroin ?

Oui, et comme la politique a horreur du vide, plus l’hypothèse de sa candidature s’estompe, plus celle de Xavier Bertrand grignote du terrain. Et plus, il dit qu’il en a envie. Alors, bien sûr, il a encore devant lui des obstacles redoutables, à commencer sa réélection à la tête de la Région Hauts-de-France. S’il perd, on voit mal comment il pourrait briguer l’Élysée. Il le sait, d’ailleurs. Il explique que les régionales, c’est sa primaire à lui. Imaginons qu’il l’emporte, il se lance. Et le plus dur commence. Car Xavier Bertrand n’a aujourd’hui aucun parti derrière lui. Il a démissionné des Républicains à l’ère Wauquiez et ça a laissé des traces. La droite est divisée et, pour l’instant, aucun candidat potentiel ne rassemble toutes les tendances.

Xavier Bertrand occupe quel "créneau" ?

Il le dit lui-même : "Je suis le représentant d’une droite sociale, populaire". Et c’est à la fois son atout et son problème. Son atout, parce que ça l’oppose franchement à Emmanuel Macron qu’il attaque d’ailleurs de plus en plus durement. Il cherche le combat politique, il veut cantonner le Président dans un rôle de dirigeant qui ne connaît pas le peuple, une critique qui porte, bien sûr. Mais être le porte-voix d’une droite sociale et populaire, c’est loin de suffire à rallier toutes les droites. François Fillon avait choisi le créneau inverse : une droite libérale réformatrice, pas spécialement populaire. Et on se souvient que, avant même ses ennuis, il avait eu du mal à rassembler, une fois la primaire gagnée. C’est le même chose qui attend Xavier Bertrand : la droite est malade de ne pas savoir ce qu’elle veut. Malade d’avoir plus de sensibilités différentes que de candidats capables de l’emporter.