Catherine Nay : après la mort de Samuel Paty, "une limite dans l'abjection a été franchie"

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L'édito politique est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Catherine Nay, dans son édito politique, est revenue sur l'hommage national de mercredi soir, en la mémoire du professeur Samuel Paty, assassiné par un terroriste.

Emmanuel Macron a présidé mercredi soir une cérémonie d'hommage national au professeur Samuel Paty, sauvagement assassiné par un terroriste islamiste. Une cérémonie magnifique dans le cadre magique de la Cour de la Sorbonne. Le temps était clément. L'hommage, sobre, n'en surlignait que plus la tragédie. On a lu la lettre de Jaurès aux instituteurs, qui n'a pas pris une ride. Celle d'Albert Camus à son instituteur, lorsqu'il a reçu le prix Nobel de littérature. "Cela ne serait pas sans vous, sans cette main affectueuse au petit enfant pauvre que j'étais". Et puis, il y a eu le discours d'Emmanuel Macron. Et ça, il sait faire. c'est d'ailleurs dans ces moments là que la France est singulière.

Emmanuel Macron a cité une phrase prononcée Samuel Paty : "Je voudrais que ma vie et ma mort servent à quelque chose"

Est-il déjà exaucé ? Il y a une prise de conscience, parce qu'une limite dans l'abjection a été franchie. Mais depuis Mohamed Merah, il y en a eu des hommages et des pleurs, des douleurs, des familles dévastées. Charlie Hebdo, le Bataclan, l'épicerie casher, Nice, Strasbourg ! La liste est longue, mais l'émotion retombe, parce que c'est la vie, alors que ne surnagent ces campagnes insidieuses contre l'islamophobie, contre les violences policières. Médiapart a remis le couvert en dénonçant "la barbarie policière qui a tué le Tchétchène meurtrier parce qu'il était musulman !" Gérald Darmanin a porté plainte.

Sept mises en examen

On va voir à quoi vont être condamnés les instigateurs du meurtre du professeur. "Nous continuerons le combat, parce qu'en France, les lumières ne s'éteignent jamais", a promis Emmanuel Macron. Mais, question : après ce qui s'est passé à Conflans, un professeur osera-t-il encore évoquer les caricatures de Mahomet et prendre le risque d'être harcelé sur les réseaux sociaux, de mettre sa vie en danger ? "Nous vous protègerons, dans l'école et hors de l'école", a dit le président aux professeurs.

Pour susciter l'esprit critique des élèves il faut leur montrer aussi les caricatures de Charlie Hebdo montrant le Pape dans des postures grossières. Ça ne fait pas rire les catholiques. Mais ils ne tuent pas ! Pourquoi seuls les islamistes en viennent à tuer ? Pourquoi si peu d'imams défendent la liberté d'expression. C'est ça qu'il faut leur expliquer !