"Les distributeurs négocient comme des vautours"

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Les discussions annuelles entre industriels et grande distribution pour fixer les tarifs des produits alimentaires se déroulent dans un climat particulièrement tendu malgré les conclusions des états généraux de l'alimentation.

À quoi ressemblera votre ticket de caisse en 2018 ? Les prix des produits alimentaires vendus dans les rayons des supermarchés doivent être fixés le 1er mars au terme des négociations commerciales entre distributeurs et industriels. Traditionnellement, ces discussions donnent lieu à de véritables bras de fer, mais avec les Etats généraux de l'alimentation, les différents acteurs ont signé une charte de bonne conduite pour éviter la guerre des prix. Et pourtant, de la déclaration d'intention aux actes, il y encore du chemin à parcourir.

Un climat très tendu. "La distribution s'attend à des ordonnances et à une nouvelle loi, elle veut donc profiter de cette dernière année d'open-bar pour elle", a taclé mercredi sur Europe 1 Richard Girardot, le PDG de Nestlé France, premier fournisseur de produits alimentaires du pays. "Ils négocient comme des vautours", dit-on à la FNSEA. Malgré les bonnes volontés affichées à la clôture des états généraux de l'alimentation fin 2017, le climat reste très tendu dans les box des négociations. "On nous a rapporté des propos d'acheteurs qui indiquent s'asseoir sur la charte, ou qui l'ont même déchiré devant les directeurs commerciaux des entreprises", assure Valérie Weil-Lancry, en charge de ce dossier pour l'ANIA qui représente les industriels de l'agroalimentaire. "On n'avait que 30% de taux de signatures il y a cinq jours", déplore-t-elle.

Un projet de loi trop timide. Au moins un secteur pourrait tirer son épingle du jeu cette année : la filière laitière, avec des hausses de prix de 1 à 4 % par rapport à l'an dernier. Il faut dire qu'elle a bénéficié d'un coup de projecteur salvateur. "Comme depuis deux ans, l'essentiel de la sphère médiatique est occupé par la filière laitière, aucun opérateur n'ose entamer la discussion en disant : 'écoutez, ce que gagnent les producteurs de lait, ça n'est pas le débat, parlons tarifs", relève André Bonnard, secrétaire général de la Fédération des producteurs de lait. Mais cette filière, attend comme les autres, que la loi fixe le cap. Aujourd'hui, le texte issu des états généraux de l'alimentation est jugé trop timide sur la question du prix garanti au producteur.

Quelles répercussions sur les prix de vente ? "Il faut arrêter la désinformation, il y a aura une forte augmentation sur les produits concernés par les états généraux de l'alimentation : produits laitiers, les produits à base de viande, la charcuterie notamment", assure de son côté Jacques Creyssel, président de la FCD, qui représente les distributeurs. À l'arrivée, la répercussion des hausses concédées aux industriels sur les prix en rayon devrait dépendre des distributeurs et des types de produits. Mais pour d'autres familles de produits, comme les compotes, les confitures ou les biscuits, il devrait bien y avoir des baisses. Encore quelques jours avant l'heure de vérité, dans vos supermarchés.