Vingt entreprises françaises épinglées pour leurs importations de soja

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Une ONG américaine reproche à certains distributeurs leur manque de vigilance quant à la provenance de leurs importations.
Une ONG américaine reproche à certains distributeurs leur manque de vigilance quant à la provenance de leurs importations. © THOMAS SAMSON / AFP
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Plusieurs associations dénoncent mardi l'impact humain et environnemental des activités de certains groupes français agroalimentaires, comme Carrefour ou Lactalis.

L’ONG américaine Mighty Earth a interpellé mardi vingt grandes entreprises agroalimentaires françaises auxquelles elle reproche leur manque de vigilance en matière d’approvisionnement. Parmi elles se trouvent notamment les distributeurs Super U, Carrefour, Auchan, ou encore des producteurs comme le groupe Bigard et le géant des produits laitiers Lactalis, liste franceinfo. En partenariat avec les associations France Nature Environnement et Sherpa, qui lutte pour la protection et la défense des populations victimes de crimes économiques, l’ONG demande à ces enseignes d’appliquer un moratoire sur le soja importé d’Argentine et du Paraguay, et qui sert à nourrir des poulets et des cochons vendus en France.

Déforestation massive. Dans ces pays, "les forêts sont incendiées puis rasées au bulldozer pour laisser place aux semences de soja", explique Sébastien Mabile, avocat de Mighty Earth, à franceinfo. De quoi impacter lourdement la biodiversité locale, mais aussi le quotidien des populations riveraines de ces grands chantiers de déforestation.

Une loi de vigilance. Pour l'instant l'interpellation a valeur d'avertissement, mais les associations pourraient aller plus loin si rien n'est fait. "Nous pourrons engager des procédures judiciaires pour carence fautive, insuffisance de prise en compte dans leur plan de vigilance", avertit l'avocat qui reproche aux distributeurs leur manque d'attention quant à la provenance de leurs importations. En effet, la loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères, votée en 2017 et qui est rentrée en application cette année, oblige désormais ces groupes à surveiller les risques, notamment humains et environnementaux, engendrés par l’activité de l’entreprise.