La proposition d'augmenter la TVA sur Canal+ "est une décision politique qui n'est pas raisonnée", juge ce lundi matin le directeur du groupe, Maxime Saada. Alors que le gouvernement envisage de doubler la TVA sur le groupe audiovisuel privé en France, et même de la quadrupler en Outre-Mer, le directeur de l'ancienne chaîne cryptée tire la sonnette d'alarme.
Comment réduire le déficit de la France? Alors que la question obsède au sommet de l'État, Sébastien Lecornu a présenté il y a quelques jours ses propositions pour tenter de limiter le déficit de l'Hexagone. Parmi les pistes avancées : quelques économies et beaucoup d'augmentation d'impôts et de taxes. Canal+ en ferait les frais.
Ainsi, l'exécutif prévoit de doubler la TVA appliquée au groupe français dans l'Hexagone, passant de 10 à 20%, et même de la quadrupler en Outre-Mer. Au micro de RTL ce lundi matin, le président du groupe Canal+ Maxime Saada dénonce une mesure "politique". "C'est une décision politique qui n'est pas raisonnée", assure-t-il.
Une mesure "anti-économique"
Maxime Saada juge que la mesure, qui devrait rapporter 300 millions d'euros à l'État, en fera perdre en réalité des millions, estimant qu'il y aura des suppressions de postes en Hexagone, mais aussi "en Outre-mer, où l'impact sera significatif", insiste-t-il. "Bercy dans sa rubrique impact sur l'emploi a mis deux mot : 'Sans objet'. La encore, il faudra l'expliquer face aux employés de Canal+, du sport, du cinéma et de l'Outre-mer", poursuit-il.
"Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas une mesure économique. Elle est même anti-économique", ajoute Maxime Saada. "Il n'y a pas de logique économique. Or, s'il n'y a pas de logique économique, c'est que c'est une logique politique. Elle est absurde et pas raissonée. Donc, c'est une décision politique car elle est absurde et elle n'est pas raisonnée".