Restauration : le patronat veut mieux payer ses salariés afin de recruter plus facilement

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Le patronat de la restauration propose une meilleure rémunération des salariés pour attirer plus de de main d'oeuvre dans ce secteur.
Le patronat de la restauration propose une meilleure rémunération des salariés pour attirer plus de de main d'oeuvre dans ce secteur. © FRED DUFOUR / AFP
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Le patronat de la restauration propose lundi une rémunération dite "au service", soit un prélèvement opéré sur le chiffre d'affaires, et une sanctuarisation de la TVA à 10% pour rendre le secteur plus attractif dans un contexte de pénurie de main d'oeuvre.

Confronté à une pénurie "historique" et à des rotations importantes de main-d'oeuvre sur son secteur, le patronat de la restauration réfléchit à mieux payer ses salariés en généralisant la rémunération au chiffre d'affaires et l'intéressement.

Une enquête de Pôle Emploi en 2018 a recensé "286.000 projets de recrutement dans le secteur de l'hôtellerie/restauration, dont près de la moitié est jugée difficile à pourvoir", rappelle l'Umih, principal syndicat patronal du secteur en France, qui présente des propositions en matière d'emploi, mais aussi de fiscalité ou de développement durable, lors de ses premières "Assises de la restauration commerciale", lundi à Paris.

Un secteur qui manque d'attractivité

Un "problème d'attractivité, de conditions de travail, de rémunération" constitue "très certainement les raisons" d'une désaffection pour ces métiers (service en salle, cuisine) constatée notamment dans les Centres de Formation (CFA), admettent les restaurateurs, "malgré de réelles avancées sociales obtenues". 

Avec pour conséquence, des "retards importants pendant les services, du stress au sein des équipes, une réduction partielle d'activité voire la fermeture" d'établissements "pérennes économiquement". "Nous sommes à la merci de 'staffs' très changeants, or si l'entreprise met en place une rémunération au pourcentage, les équipes sont hyper motivées", dit Hubert Jan, président de la branche restauration à l'Umih.

Une rémunération "au service" et une TVA sanctuarisée

Le syndicat patronal souhaite que l'ensemble des salariés d'un établissement (cuisiniers, plongeurs...) puisse bénéficier de la rémunération dite "au service", un prélèvement opéré sur le chiffre d'affaires, que la loi Godart du 19 juillet 1933 a instauré pour le personnel en salle. De moins en moins pratiqué dans le secteur, ce mode de rémunération a encore cours dans de grandes brasseries parisiennes notamment.

Autre proposition : "sanctuariser" le taux de TVA de 10% sur la restauration commerciale qui "n'est pas une niche fiscale", s'émeut Hubert Jan. "La TVA qui avait été abaissée à 5%, est remontée à 7% puis 10%. Nos entreprises sont fragiles, elles ont besoin de stabilité".

L'Umih veut aussi que les acteurs du numérique soient régis par une réglementation et une imposition "équitables", car "leur schéma d'optimisation fiscale leur confère un avantage concurrentiel gigantesque face aux acteurs de l'économie réelle", en particulier ceux à "forte intensité de main d'oeuvre" comme la restauration. Le syndicat patronal veut influer sur le modèle économique des sites de réservation en ligne de type Booking.com ou LaFourchette.com (groupe TripAdvisor), "afin de sécuriser les marges des restaurateurs".