Réforme des retraites : "Comment fait-on pour trouver du boulot entre 55 et 64 ans ?"

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L'allongement de la durée de travail, avec la mise en place possible d'un âge "d'équilibre" à 64 ans dans la future réforme des retraites, laisse craindre aux actifs de rester sur le carreau s'ils doivent encore rechercher un emploi à cet âge.

Après un an et demi de consultations, Jean-Paul Delevoye dévoile jeudi ses recommandations pour la mise en place du système universel des retraites, réforme voulue par Emmanuel Macron. La copie du haut-commissaire permettra de mettre au point le projet de loi attendu en Conseil des ministres à l'automne.



Dans le futur système, qui doit remplacer les 42 régimes actuels, chaque euro cotisé doit donner les mêmes droits à tous. Reste à savoir à quel âge le travailleur pourra partir avec une retraite à taux plein, car si l'âge légal sera toujours à 62 ans, le gouvernement a déjà annoncé la création d’un âge d’équilibre à 64 ans, pour inviter les actifs à travailler plus longtemps.

Cette piste inquiète de nombreux Français, comme Annabelle, 50 ans, qui travaille depuis 25 ans dans la même entreprise. Elle estime que la réforme ne prend pas en compte le peu d’intérêt du monde du travail pour les seniors, et craint donc de finir sa carrière... au chômage. "La seule question qui m’importe aujourd’hui c’est : que va-t-on faire de 55 à 64 ans ? Que va-t-on faire lorsque les boîtes vous poussent dehors parce que vous avez un certain âge et que vous coûtez trop cher ? Comment fait-on pour trouver du boulot entre 55 et 64 ans ?", interroge cette salariée au micro d‘Europe 1.

"Tous les mois je mets de côté"

Annabelle avoue épargner depuis plusieurs années, précisément pour pouvoir pour assurer ses arrières au moment de la retraite. "Tous les mois, je mets de côté. Il est dramatique de se dire que l’on travaille pour pouvoir mieux vivre plus tard", déplore-t-elle. "C’est aussi ce que l’on apprend déjà à faire à nos enfants, quand ils démarreront un boulot. C’est pas la joie...", conclut cette cinquantenaire.

Europe 1
Par Théo Barrat