Les trois opérateurs français Orange, Bouygues et Free sont tombés d'accord pour racheter leur concurrent SFR pour la somme de 20,35 milliards d'euros. Toutefois, ce rachat ne sera pas effectif tout de suite : différentes étapes doivent ainsi être passées. Europe 1 fait le point.
SFR, trois lettres qui sont entrées dans le quotidien des Français. Cet opérateur historique, fondé en 1987, doit être racheté par ses trois concurrents, Orange, Bouygues et Iliad (Free), pour un montant total de 20,35 milliards d'euros.
La clôture de l'opération est espérée au second semestre 2027. Plusieurs étapes sont en effet nécessaires pour que la transaction soit finalisée.
Un feu vert attendu de la part des autorités de la concurrence
La procédure de vente doit d'abord être validée par les autorités de la concurrence compétentes, qui devraient être saisies cette semaine. L'instruction de ces dossiers - un par opérateur - pourrait être longue, entre 12 et 24 mois selon les experts. Et "à ce stade, il n'y a aucune certitude que cette opération soit réalisée", ont averti les groupes.
Tout va dépendre du feu vert de ces régulateurs, français et européens. La Commission européenne, qui veille au bon respect de la concurrence, pourrait s'appuyer sur ses nouvelles règles en matière de fusions, pas encore formellement adoptées, pour valider cette transaction inédite. Le passage à trois opérateurs au lieu de quatre remplirait l'objectif de faire émerger des "champions européens".
En cas de feu vert, attendu en 2027, le ministre français de l'Économie pourrait également décider de se pencher sur cette transaction, en vertu du code de commerce. Cela interviendrait quelques mois après l'élection présidentielle de la même année : le scrutin peut donc redistribuer les cartes dans ce dossier.
La répartition des abonnés SFR
Si la transaction est validée juridiquement et politiquement, la répartition des 25 millions d'abonnés SFR est déjà prévue. Bouygues Télécom récupérera les clients professionnels et une partie des offres grand public de SFR (6,4 millions de clients), Free héritera de l'offre à bas coût "Red by SFR", ainsi qu'une partie des clients classiques (8 millions au total), et Orange aura le reste des clients (4,9 millions).
Le transfert se fera automatiquement, sans suppression de lignes ni de numéros ou de connexions internet. Côté emploi, les organisations syndicales s'inquiètent des répercussions sur les quelque 8.000 salariés de SFR, malgré l'assurance donnée samedi par les acheteurs que leur emploi serait garanti jusqu'à début 2029.