Face à la hausse des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient, la France multiplie les initiatives. Tandis qu’un "G7 Énergie" se tient ce mardi à Paris, la répression des fraudes a contrôlé plus de 200 stations-service afin de vérifier la transparence des prix affichés.
La flambée des prix du pétrole, alimentée par la guerre au Moyen-Orient, pousse la France à agir sur plusieurs fronts. Ce mardi 10 mars, un "G7 Énergie" se tient à Paris, au lendemain d’une réunion des ministres des Finances du G7 déjà largement consacrée à la question.
L’objectif affiché est de coordonner les réponses face aux tensions sur les marchés et tenter de contenir leurs répercussions pour les consommateurs. Dans l’Hexagone, le gouvernement veut également rassurer les automobilistes.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a ainsi lancé une série de contrôles dans les stations-service. Ce lundi, 231 établissements ont été inspectés afin de vérifier que les professionnels respectent bien leurs obligations d’information sur les prix.
Les inspecteurs ont constaté de véritables tentatives de tromperie
16% d’anomalies ont été détectées. Une partie relève d’erreurs involontaires, mais dans 6% des stations contrôlées, soit une quinzaine d’établissements, les inspecteurs ont constaté de véritables tentatives de tromperie. Dans ces cas, les prix affichés sur les totems ou sur le site officiel du gouvernement étaient inférieurs à ceux réellement pratiqués à la pompe.
Les gérants concernés ont été sanctionnés par des amendes. Pour autant, l’exécutif n’entend pas intervenir directement dans la fixation des prix, qui restent libres. Mais la hausse rapide observée dès les premiers jours du conflit interroge.
Selon Vincent Grard, spécialiste des marchés chez Trade Republic, un phénomène bien connu est à l’œuvre : "le phénomène de fusée". Lorsque les cours du pétrole montent, les distributeurs anticipent immédiatement la hausse. Pourtant, le carburant vendu à la pompe a souvent été acheté plusieurs mois auparavant.
À l’inverse, lorsque les cours du brut redescendent, la baisse à la pompe est beaucoup plus lente. Dans ce contexte, les automobilistes disposent d’un seul levier immédiat : comparer les prix et faire jouer la concurrence entre stations pour limiter l’impact sur leur budget.