Après l'annonce du déblocage de dix millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques françaises, Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, doute de l'efficacité de la mesure. Sur Europe 1, il estime que la baisse attendue du prix à la pompe reste très incertaine et dépend largement de l'évolution de la situation internationale.
Le gouvernement espère faire baisser le prix du gazole de 12 à 18 centimes par litre grâce à la mise sur le marché de 10 millions de barils provenant des stocks stratégiques français. Une estimation que Pierre Chasseray accueille avec beaucoup de prudence. "Le gouvernement fait un pari quand même très risqué", affirme-t-il au micro d'Europe 1 bonjour, estimant que cette projection repose sur l'hypothèse qu'aucun nouvel événement géopolitique ne viendra bouleverser les cours du pétrole. Selon lui, une nouvlle tension internationale pourrait rapidement effacer les effets attendus de la mesure.
Pour le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, les automobilistes risquent d'être déçus si les prix ne reculent pas dans les proportions annoncées. "S'il y a la moindre étincelle du côté du détroit d'Ormuz ou ailleurs dans un contexte international", prévient-il, les prix pourraient repartir à la hausse malgré la libération des stocks. Pierre Chasseray juge par ailleurs que la baisse potentielle évoquée par l'exécutif ne réglerait pas le problème de fond, estimant que le niveau actuel des prix reste trop élevé pour de nombreux ménages. Il rappelle enfin que les effets de cette décision dépendront aussi de l'évolution du marché mondial du pétrole dans les semaines à venir.