Le premier débat de l'élection présidentielle aura lieu ce jeudi après-midi lors de la deuxième journée de la MEF, l'événement de rentrée des patrons de France organisé par le Medef. Et face aux candidats, les patrons attendent une vision claire et de la liberté pour le prochain mandat.
Les patrons font leur rentrée à l'occasion de la rencontre des entrepreneurs français, la MEF, à Roland-Garros. Et à huit mois de l'élection présidentielle, l'événement organisé par le Medef accueille ce jeudi le premier débat. Sept candidats viennent confronter leur programme économique face à des patrons pour le moins inquiets.
Pour les entrepreneurs, il y a d'abord des mesures prioritaires qui pourraient être mises en place rapidement. "Le premier problème français, c'est qu'il n'y a plus aucun rapport entre sa dépense publique et sa création de valeur. Donc tant qu'on n'a pas traité ce problème-là, on est dans cette endogamie qui en fait freine complètement notre pays", note Lise Bachmann, présidente de Womaccelerator.
"Les patrons subissent déjà les crises mondiales, pas besoin que les politiques en rajoutent", insiste de son côté Pierre-Emeric Chabanne, directeur général de Zeendoc. "Qu'on nous foute un peu la paix pendant un mandat, en nous laissant déployer nos petites stratégies pour les TPE-PME qui portent 90% de la richesse française", confie-t-il.
"On a l'impression de deux couloirs de nage qui ne se croisent jamais"
Savoir où l'on va, ce sera indispensable du côté de Jacques Pommeraud, président d'Inetum. "Un homme ou une femme seul ne fait pas tout, on n'est plus en monarchie. On est quand même dans un pays où un cap doit être fixé. On a besoin de stabilité en tant que chef d'entreprise pour se projeter, projeter nos investissements, nos priorités."
Enfin, que les politiques s'inspirent un peu plus des patrons ne serait pas une mauvaise idée selon Pierre-Olivier Nau à la tête de Manatour. "J'aimerais même que les ministres recrutent des chefs d'entreprise dans leur cabinet pour qu'on parle un petit peu le même langage. Parfois on a l'impression de deux couloirs de nage qui ne sont pas les mêmes et qui ne se rencontrent jamais. Moi ça me manque beaucoup en tant que chef d'entreprise", confie-t-il.
Les candidats sont donc attendus de pied ferme. Sur le cours central de Roland-Garros, les échanges vont durer au moins deux heures.