le président argentin Javier Milei a lancé dimanche sa seconde moitié de mandat, en annonçant 90 réformes pour "redessiner" l'Argentine, et dit vouloir ériger l'alliance avec les Etats-Unis en "politique d'État".
Toujours plus loin dans les réformes, toujours plus proche de Donald Trump : le président argentin Javier Milei a lancé dimanche sa seconde moitié de mandat, en annonçant 90 réformes pour "redessiner" l'Argentine, et dit vouloir ériger l'alliance avec les Etats-Unis en "politique d'État".
L'Argentine a déjà laissé passer "le train de l'histoire", a lancé Javier Milei dans son troisième discours sur l'état de la nation, en référence à la neutralité du pays pendant la Seconde Guerre mondiale qui "nous a coûté des décennies de marginalisation".
Être acteur
L'alliance avec les États-Unis "n'est pas seulement un accord entre le président Trump et le président Milei", a-t-il plaidé. "Cela a à voir avec l'affinité culturelle, et les objectifs stratégiques entre les deux pays et dans toute la région. Il est temps d'en faire une politique d'Etat".
Milei, dont le gouvernement avait salué samedi les frappes sur l'Iran de ses deux grands alliés, États-Unis et Israël, a cité dimanche l'exemple de l'Atlantique Sud, "terrain de la rivalité stratégique des prochaines décennies". Il y a "des routes commerciales, des ressources naturelles, la souveraineté maritime et la présence croissante d'acteurs qui ne partagent pas nos valeurs", a-t-il ajouté sans nommer un pays en particulier.
"Qui les contrôlera contrôlera une partie clé du travail mondial", et l'Argentine "doit être cet acteur", a-t-il affirmé. L'Argentine est "un maillon naturel de la chaîne de valeur stratégique de l'Occident", a-t-il martelé, énumérant ses atouts: minerais critiques, gaz, pétrole, énergie nucléaire, renouvelables, situation géographique favorable.
Réformes non-stop
Consacrant la plus large partie de son discours aux succès macro-économiques de son gouvernement, notamment contre l'inflation ramenée de 150% à 32% en interannuel, Javier Milei s'est dit résolu à pousser plus avant ses réformes.
Il a annoncé un train de "90 réformes structurelles" soumises au Parlement dans l'année, visant à "redessiner" l'Argentine "pour les 50 prochaines années": "neuf mois ininterrompus de réformes structurelles qui vont redessiner l'architecture institutionnelle de la Nouvelle Argentine". Dans un discours entrecoupé d'apostrophes aux députés d'opposition -"voleurs !", "déliquants !", "ignorants !"- il a notamment évoqué des réformes fiscales, du système judiciaire, du code pénal, du système électoral et de l'éducation.
Président depuis fin 2023, Javier Milei ouvre cette année parlementaire en position de force, consolidé par un succès aux législatives de mi-mandat en octobre. Il est conforté dans son élan dérégulateur par plusieurs réformes adoptées récemment, telle la récente et clivante réforme de flexibilisation du travail.
Pour le politologue Pablo Touzon, il "commence l'année mieux que jamais". Un Milei "hégémonique", face à une opposition péroniste (centre-gauche) "sans alternative proposée en deux ans, comme résignée à être 'meilleur deuxième'". Mais ses succès "n'ont pas à ce jour été accompagnés (...) d'un soulagement significatif dans le porte-monnaie des gens", conclut Pablo Touzon.