Loi Alimentation : aucun impact sur les prix en grande distribution

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La loi Alimentation doit entraîner des hausses de tarifs sur 4% des produits de grande consommation.
La loi Alimentation doit entraîner des hausses de tarifs sur 4% des produits de grande consommation. © MYCHELE DANIAU / AFP
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Le relèvement de 10% du seuil de revente à perte n'a pas eu d'impact sur les prix des produits de grande consommation, rapporte jeudi le cabinet d'études Iri.

Le relèvement de 10% du seuil de revente à perte (SRP), décidé par la loi Alimentation et entré en vigueur au 1er février, a eu "un impact nul" sur les prix des produits de grande consommation (PGC) proposés en supermarchés, selon une étude publiée jeudi.

L'inflation sur les marques nationales compensées par une déflation des MDD. La comparaison globale des prix de ces produits vendus en grande surface alimentaire (hors Lidl), entre la semaine du 4 au 10 février et celle du 7 au 13 janvier, conclut à un "impact nul", a annoncé le cabinet d'études Iri, qui fait référence. Plus précisément, explique le panéliste, l'inflation de 0,13% constatée sur les marques nationales (Nutella, Coca-Cola) est "compensée" par une déflation des marques de distributeurs (MDD) de 0,31%, "en phase avec les annonces de baisses de prix" des distributeurs.

L'objectif : mieux rémunérer paysans et producteurs. La loi Alimentation, qui entre en vigueur en trois étapes - 1er janvier, 1er février puis 1er mars -, doit entraîner des hausses de tarifs sur 4% des PGC et des produits "d'appel" - comme le Nutella ou le Coca Cola - que les distributeurs doivent désormais vendre à des prix supérieurs d'au moins 10% aux tarifs auxquels ils les ont achetés. L'objectif affiché par le gouvernement : que les augmentations de marge dont bénéficie la distribution sur les PGC lui permettent de comprimer ses marges sur d'autres produits issus de l'agriculture, afin de mieux rémunérer paysans et producteurs.

 

Un relèvement du seuil de revente à perte contesté. Le relèvement de 10% du SRP a fait couler beaucoup d'encre depuis le début de l'année, certains criant à une hausse des prix susceptible de nuire au pouvoir d'achat, en pleine crise des "gilets jaunes". A l'inverse, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, avait chiffré début février à 80 centimes l'augmentation du panier moyen de 100 euros payé par les consommateurs.

"La valse des étiquettes, ça concerne les produits d'appel, ceux sur lesquels les grandes surfaces se 'tirent la bourre'", avait souligné Didier Guillaume, citant boissons et pâtes à tartiner. Plusieurs enseignes de la grande distribution avaient alors annoncé qu'en compensation des hausses de prix sur les grandes marques, ils feraient des efforts financiers sur leurs marques propres (MDD).

"Il n'y a rien de choquant à ce que le prix du Ricard puisse augmenter un peu"."Je trouve qu'il n'y a rien de choquant à ce que le prix du Ricard puisse augmenter un peu si ça permet d'augmenter le prix payé aux éleveurs laitiers pour un litre de lait", avait affirmé le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Jacques Creyssel. Quant au fameux panier moyen, son augmentation n'est que de 10 centimes: "à contenu strictement équivalent, il passe de 94,90 euros en janvier à 95 euros en février", précise Iri.