Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

L'Europe ne peut pas «se permettre» de manquer la révolution de l'IA, estime Christine Lagarde

[Kirill KUDRYAVTSEV / AFP]

Christine Lagarde,  présidente de la Banque centrale européenne, a estimé ce mercredi que l'Europe ne pouvait pas manquer la révolution de l'intelligence artificielle. Et si le Vieux contient "est bien placé", il doit encore faire face à trop de fragmentations de ses marchés.

La présidente de la Banque centrale européenne a appelé mercredi le Vieux continent à ne pas manquer la révolution en cours de l'intelligence artificielle, une technologie brassant des investissements massifs mais largement dominée par des géants aux États-Unis ou en Chine.

"L'Europe a largement manqué la première révolution numérique, car les gains commerciaux issus de la diffusion des technologies de l'information et de la communication ont été captés de manière disproportionnée ailleurs", a expliqué Christine Lagarde lors d'une discussion organisée à Genève par le Forum économique mondial (WEF).

"Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter cette expérience avec l'IA, la deuxième révolution numérique", a plaidé la présidente de la BCE.

Dans ce marché en croissance effrénée depuis 2022, la compétition se joue surtout entre les géants américains comme OpenAI, Anthropic, Google, Meta, Microsoft, ou Amazon, et le chinois DeepSeek.

"l'Europe est bien placée" mais attention aux fragmentations

Mais d'après Christine Lagarde, "l'Europe est bien placée à certains égards pour tirer pleinement parti des nouvelles technologies", son retard s'expliquant par des "difficultés à "transformer les connaissances en succès commercial".

"L'UE représente environ 6% de la population mondiale, mais pas moins de 15% de ses chercheurs. Elle produit également près d'un cinquième des publications scientifiques les plus citées au monde", a-t-elle illustré.

Selon Christine Lagarde, "la fragmentation des marchés réduit la rentabilité de la croissance à grande échelle en Europe, tandis que la fragmentation des marchés financiers rend cette expansion plus difficile à financer".

Offrir des opportunités d'investissements

L'Union européenne tente depuis des années de rapprocher ses marchés de capitaux fragmentés afin d'offrir plus d'opportunités d'investissements aux citoyens européens et de mobiliser davantage de capitaux pour les entreprises de l'Union.

Ses dirigeants visent un accord pour une meilleure intégration "d'ici fin 2026", a rappelé Christine Lagarde, "afin de rapprocher l'Europe d'un véritable marché unique des capitaux".

La gardienne de l'euro a aussi souligné l'existence de "signes encourageants" concernant la course à l'IA en Europe, précisant que selon des données d'enquêtes, "les entreprises de la zone euro prévoient d'allouer en moyenne environ 9% de leur investissement total" à cette technologie en 2026.