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Les jeunes qui abandonnent leurs études beaucoup plus exposés au chômage, selon l'Insee

[Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Une étude de l’Insee révèle que les jeunes ayant abandonné leur formation sont beaucoup plus exposés au chômage que ceux qui l’ont menée à son terme. La France se distingue également par un nombre d’abandons particulièrement élevé par rapport à la moyenne européenne.

Les jeunes qui abandonnent leurs études sont beaucoup plus exposés au chômage que ceux qui les mènent à leur terme, selon une enquête de l'Insee publiée mardi, qui pointe aussi des abandons de formation particulièrement nombreux en France. En France, 20% des 16 millions de jeunes âgés de 15 à 34 ans en 2024 déclarent avoir commencé des études qu'ils n'ont pas terminées, tandis que la moyenne dans l'Union européenne est de 14%, souligne cette étude de l'Institut national de la statistique.

Ces abandons, qui ont majoritairement lieu l'année de passage d'un diplôme, soit en cours d'année, soit après l'échec à l'examen (3e année de licence, 2e année de BTS, classe de terminale...), impactent les perspectives d'insertion de ces jeunes sur le marché du travail, surtout quand l'abandon, définitif, n'est pas suivi d'une réorientation.

Des conséquences également sur les personnes qui travaillent

Ainsi, 23% des jeunes ayant abandonné leurs études définitivement sont au chômage au sens du Bureau International du Travail ou dans le halo autour du chômage (par exemple recherchant un emploi sans être immédiatement disponibles pour travailler) à la date de l'enquête en 2024, contre 15% de ceux qui n'ont pas abandonné de formation.

"Même à niveau de diplôme, ancienneté sur le marché du travail, origine sociale et genre équivalents, les jeunes ayant arrêté leurs études après un abandon de formation ont un risque supplémentaire de 33% d'être au chômage ou dans son halo par rapport à ceux qui n'ont pas abandonné de formation", souligne l'Insee.

Les conséquences se font également sentir pour les personnes qui travaillent. Les jeunes ayant arrêté leurs études sur un abandon de formation sont 20% à occuper un contrat à durée limitée (CDD ou intérim), contre 14% de ceux qui n'ont pas abandonné de formation.

"Des raisons financières ou la volonté de travailler" 

Ces décrocheurs sont également davantage en situation de sous-emploi, 9% travaillant à temps partiel subi, contre 5% des jeunes n'ayant pas abandonné, et occupent des emplois moins qualifiés, plus souvent d'ouvrier ou d'employé et moins souvent de cadre.

Si les deux tiers des enfants de cadres qui abandonnent une formation se réorientent ensuite, les deux tiers des enfants d'ouvriers ou d'inactifs arrêtent leurs études à la suite de cet abandon, note l'Insee. Les premiers indiquent en outre plus souvent que les études ne leur convenaient pas, tandis que les seconds invoquent plus souvent "des raisons financières ou la volonté de travailler".