Les plus petits salaires sont-ils vraiment ceux qui augmentent le moins ?

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En France, le Smic a augmenté de 14% ces dix dernières années. (Image d'illustration) 1:45
En France, le Smic a augmenté de 14% ces dix dernières années. (Image d'illustration) © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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L’écart entre les Français qui touchent le Smic et les hauts salaires continue de se creuser selon les données de l'Insee, au point d'inquiéter Bercy. Jeudi, sur Europe 1, le ministre de l'Economie a même demandé aux entreprises de faire un geste en faveur de leurs employés les moins bien payés.
ON DÉCRYPTE

Bruno Le Maire appelle les entreprises à mieux rémunérer les salariés qui sont les moins bien payés. Jeudi matin, sur Europe 1, le ministre de l’Economie s’est agacé des chiffres présentés par l’Insee, et selon lesquels les 10% de Français les moins bien payés ne profitent guère des hausses des salaire. En revanche, les rémunérations les plus élevées continuent de progresser fortement.

Une augmentation moindre par rapport aux salaires moyens

"Cela fait cinq ans que je travaille, et sur ma fiche de paie la somme n’a jamais changé." Hossenne est payé un petit peu plus que le SMIC, et il fait partie de ces nombreux salariés qui ne sont pas ou peu augmentés par leurs entreprises. Ce sont souvent ceux qui gagnent le moins bien leur vie qui sont le moins augmentés. Si pour coller à la hausse des prix le Smic a bien augmenté de près de 14% ces dix dernières années, cette augmentation reste moindre que celle des salaires moyens.

Bercy demande un geste aux entreprises

À l'inverse, la progression des salaires est plus forte dans la catégorie des 10% les mieux rémunérés, selon l'Insee. Elle a été deux fois supérieure à celle du Smic entre 2008 et 2016. Ce sont notamment les cadres très recherchés qui ont bénéficié des plus fortes hausses de salaire de la part des entreprises. Et cet écart avec les bas salaires tend à augmenter, au point d’inquiète le ministère de l'Economie.

Bercy demande donc aux entreprises de faire un geste pour les petits salaires en dopant par exemple les plans d'intéressement. Mais pour l’heure le message a du mal à passer du côté du MEDEF, qui estime avoir déjà fait sa part du travail.

Europe 1
Par Emmanuel Duteil, édité par Romain David