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L'avenir de Duralex en suspens, la décision attendue le 14 octobre

Le tribunal de commerce d'Orléans, après avoir longuement examiné lundi les deux offres de reprise pour Duralex, a mis en délibéré à mercredi sa décision sur le sort de l'emblématique verrerie française. [Adrien Fillon / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le tribunal de commerce d'Orléans, après avoir longuement examiné lundi les deux offres de reprise pour Duralex, a mis en délibéré à mercredi sa décision sur le sort de l'emblématique verrerie française.

Les quelque 220 salariés de Duralex vont devoir encore patienter : le tribunal de commerce d'Orléans, après avoir longuement examiné lundi les deux offres de reprise, a mis en délibéré à mercredi sa décision sur le sort de l'emblématique verrerie française, connue dans le monde entier pour sa vaisselle réputée incassable.

L'entreprise est plongée dans l'incertitude depuis son placement en redressement judiciaire, le 1er juin, pour la cinquième fois en une vingtaine d'années, moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative. 

Le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau s'est dit "très attentif à la dimension sociale" pour protéger des salariés "qui ont vécu de nombreux traumatismes". Le tribunal a examiné deux offres de reprise, parmi les trois déposées à la clôture des candidatures, ravivant ces dernières semaines l'espoir d'un sauvetage. 

"Jamais la fin"

Les deux offres ont été qualifiées de "bien avancées" par Suliman El Moussaoui, représentant syndical CFDT : celle déposée par le groupe stéphanois Carlesimo et celle de l'entrepreneur français Cédric Meston, via sa holding Tomé, connu notamment comme cofondateur de la start-up HappyVore (substituts végétaux à la viande) et pour avoir repris Tupperware France en 2025. 

Cédric Meston dit être soutenu dans son projet par le milliardaire Xavier Niel (Free) qui a investi dans Tomé. Il mobiliserait pour la reprise de Duralex au moins 16 millions d'euros, dont une partie en fonds propres, avec des financements des collectivités locales (prêts pour la performance énergétique) et de l’État.

"Je ne pense pas qu'il y ait de favoris. Ce qui compte, c'est d'avoir le meilleur projet pour les salariés et pour la société et c'est le tribunal qui prend sa décision", a réagi Cédric Meston. Le groupe Carlesimo, dont l'offre est d'un niveau financier équivalent selon un observateur, a lui défendu un projet "d'industriels de longue date".

"On y croit"

"On a défendu notre offre, on y croit", a assuré Patrick Bellity, conseiller industriel de Carlesimo et ancien PDG du groupe Arche, à l'issue de l'audience. "L’Etat s’est fortement mobilisé, aux côtés des élus locaux, dans la recherche de repreneurs pour préserver l’activité de Duralex et les emplois", a réagi auprès de l'AFP le ministre de l'Industrie Sébastien Martin, qui a assuré de sa mobilisation "totale pour défendre l’activité industrielle et l’emploi sur le territoire". 

Carlesimo et Tomé proposent de conserver respectivement 129 et 155 emplois, pour un effectif d'environ 220 salariés, contre 243 en début d'année après les départs naturels et les CDD non renouvelés. À Bercy, on estime que, parmi les trois candidatures, les deux propositions de nature industrielle sont "intéressantes". 

Peggy Sadier, assure que la verrerie est parvenue "à redresser la trésorerie"

"Ce n'est jamais la fin de l'histoire, certainement pas pour Duralex" a affirmé sur LCI la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. La direction de l'entreprise, dans un post LinkedIn, a donné rendez-vous "pour la suite de l'aventure Made in France". 

L'actuelle directrice générale de Duralex, Peggy Sadier, assure que la verrerie est parvenue "à redresser la trésorerie" qui a été multipliée par "huit", selon elle, depuis le changement de direction le 2 avril. Cette amélioration "montre qu'il y a une voie pour Duralex", estime Peggy Sadier. Parallèlement au redressement judiciaire, la société fait l'objet d'une enquête du parquet d'Orléans qui n'a pas précisé les chefs retenus. 

Des "opérations judiciaires" ont été menées le 3 septembre, notamment "des perquisitions", dont certaines au siège de la verrerie à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), en banlieue d'Orléans, avait annoncé à l'AFP la procureure de la République Emmanuelle Bochenek-Puren. 

L'ancien directeur général de la verrerie, François Marciano, figure emblématique de la reprise en société coopérative et participative (Scop), ainsi que son fils Antoine qu'il avait nommé directeur financier, pourraient en particulier être visés par la procédure. Leur avocat, Me Pierre Lalanne, a affirmé que ses clients "démentent toute implication dans d'éventuelles malversations".