Face à la hausse de l'inflation dans la zone Euro, la Banque Centrale européenne (BCE) devrait annoncer ce jeudi une hausse de ses taux directeurs. Une mauvaise nouvelle pour la France, qui emprunte déjà énormément et dont l'activité économique semble amorphe.
C'est une conséquence de la guerre en Iran : la Banque Centrale Européenne (BCE) devrait augmenter ce jeudi ses taux directeurs, une première depuis près de trois ans. Le taux de dépôt devrait progresser d'un quart de point à 2,25%, conséquence du retour de l'inflation en zone euro.
Objectif : durcir les conditions de crédits afin d'éviter que le choc pétrolier ne se diffuse au reste de l'économie. Mais ce durcissement est une mauvaise nouvelle pour la France, alors que l'Hexagone est le pays de la zone euro où l'inflation, hors énergie, est la plus faible.
La France désavantagée
En revanche, l'activité économique y ralentit fortement. La croissance du PIB au premier trimestre a été révisée à -0,1%, à cause du conflit au Moyen-Orient. L’économie est donc très loin de la surchauffe qui pourrait déclencher un emballement de l’inflation.
Dans ces conditions, la hausse des taux de la BCE n’a que des désavantages, selon Eric Dor, économiste à l’IECEG : "La consommation va continuer à ralentir, le marché immobilier va se dégrader puisque la hausse des taux se transmet toujours en augmentation des taux d’intérêts payés par les emprunteurs. Les finances publiques vont encore se dégrader puisque l’augmentation des taux d’intérêts entraîne une hausse supplémentaire de la charge d’intérêts sur la dette publique qui est déjà énorme donc le déficit va être encore plus difficile à maîtriser", explique-t-il au micro d'Europe 1.
Actuellement, l’inflation moyenne en zone euro, qui a augmenté de 3,2% sur un an au mois de mai, est supérieure à la cible de 2% que s’est fixée la BCE. Mais cette dernière dépend avant tout de la flambée des coûts de l'énergie.