Alors que le gouvernement mise sur la libération de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques pour faire baisser les prix à la pompe, Pierre Chasseray estime que cette mesure ne répond pas au problème de fond. Le délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes appelle à une réduction de la fiscalité sur les carburants.
Pour Pierre Chasseray, la baisse de prix attendue grâce à la libération des stocks stratégiques, annoncée cette semaine par Sébastien Lecornu, ne constituera qu'un répit limité. Sur Europe 1, il juge que la mesure repose sur des hypothèses trop incertaines, notamment l'absence de nouvelles tensions internationales susceptibles de faire repartir les cours du pétrole à la hausse. "Les prix de l'énergie sont beaucoup trop hauts. Je ne vois aucune, aucun autre moyen pour l'état que de baisser les taxes", explique-t-il au micro d'Alexandre Le Mer. "J'ai l'impression qu'on recule pour mieux sauter. On va être obligé de baisser d'ailleurs davantage la fiscalité parce que là, les Français ne peuvent pas s'en sortir."
Le représentant des automobilistes estime également que l'exécutif n'a pas suffisamment anticipé les conséquences de la hausse des carburants sur le budget des ménages. "Le gouvernement n'a pas anticipé du tout, pas du tout les tensions sur et l'impact sur le budget des ménages", affirme-t-il, avant de répéter : "Il y a pas 50 solutions. Baissons la fiscalité enfin pour relancer l'économie en France."
Une baisse de fiscalité d'au moins 50 centimes selon lui
Pierre Chasseray va plus loin en plaidant pour une réduction importante des prélèvements sur les carburants. Selon lui, la hausse des prix pèse sur la consommation et sur l'activité économique. "Le seul moyen aujourd'hui de relancer la consommation en France, et donc la confiance, ça passe par une baisse drastique de la fiscalité d'au moins 0,50€ par litre", défend-il. Il ajoute que cette baisse pourrait passer par une combinaison entre une réduction de la TVA et une baisse de la fiscalité sur les carburants.
À ses yeux, le déblocage des stocks stratégiques ne permettra pas de régler durablement la question du pouvoir d'achat des automobilistes. Si les prix de l'énergie restent élevés ou si les cours du pétrole repartent à la hausse, les effets de la mesure pourraient être rapidement effacés. C'est pourquoi il continue de défendre une réponse fiscale plutôt qu'un recours ponctuel aux réserves stratégiques.