"Je ne peux pas imaginer l'avenir de Nissan sans alliance", affirme son PDG après l'inculpation de Carlos Ghosn

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Il est le tombeur de Carlos Ghosn, celui par qui les preuves sont arrivées et par qui le scandale a éclaté. À Tokyo, le PDG de Nissan, Hiroto Saikawa, a accordé une longue interview aux Échos, que Nicolas Barré, directeur de la rédaction, a abordé mardi matin dans sa chronique sur Europe 1.
INTERVIEW

Il fait figure de Brutus pour avoir dénoncé il y a deux mois les agissements du super PDG de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Hiroto Saikawa, le PDG de Nissan, a accordé un long entretien aux Échos, depuis Tokyo. 

"J'ai été le premier choqué". Le directeur général de Nissan réfute d'abord l'hypothèse selon laquelle les révélations au sujet de Carlos Ghosn, aujourd'hui incarcéré au Japon, pourraient être le fruit d'un complot pour l'écarter. "C'est absurde", répond Hiroto Saikawa. "Comment peut-on imaginer cela ? Je ne peux pas comprendre que l'on puisse croire une seconde à un tel scénario ! Regardez les faits. Ils sont graves", a-t-il observé dans cet entretien publié en intégralité sur le site internet des Echos et dont Europe 1 diffuse un extrait dans le journal de 8h. 

"J'ai été le premier choqué par ce que l'enquête a montré. Je peux vous dire que ce n'est pas facile à encaisser pour nous moralement, et que les conséquences de l'audit interne et des investigations pèsent sur toute l'organisation". "Ce que suggère l'enquête interne, c'est que nous avons affaire à des manipulations et à des dissimulations intentionnelles", affirme encore Hiroto Saikawa. Écoutez le patron de Nissan, qui s'est confié à Nicolas Barré : 

"Renforcer la gouvernance de Nissan". Au quotidien Les Echos qui lui demandait s'il était vraiment possible que personne n'ait été au courant de ces agissements au sein de Nissan, Hiroto Saikawa a répondu: "je comprends que l'on puisse se poser cette question. Mais il faut comprendre que Carlos Ghosn avait, du fait de ce qu'il a accompli, un très grand crédit au sein du groupe. Il était très respecté et avait acquis de plus en plus de pouvoir". "Il est facile de refaire l'histoire après coup", a encore répondu le dirigeant. "Ce qui est sûr, c'est que nous devons encore renforcer la gouvernance de Nissan. Nous ne sommes pas au meilleur niveau mondial, or nous devons l'être".

"Nous devons travailler sur l'étape d'après". Quant à l'avenir de l'alliance, Hiroto Saikawa se dit déterminé à poursuivre le travail. Certes, cette affaire "a été un gros choc, qui n'a pas été facile à digérer", concède-t-il au micro d'Europe 1. "Mais en tant que compagnie, qu'alliance, nous devons travailler sur l'étape d'après. Pour être honnête, cela prend du temps", glisse-t-il, avant d'adresser un message aux Français : "Travaillons ensemble pour le futur."

Le PDG de Renault est poursuivi pour abus de confiance, une accusation pour laquelle Nissan réclame "des sanctions fermes". Carlos Ghosn et son bras droit Greg Kelly, relâché sous caution le 25 décembre, ont aussi été inculpés pour avoir minoré les revenus du premier dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018. Tout comme le constructeur japonais, mis en cause en tant qu'entité morale ayant remis les documents incriminés. Mardi matin, le tribunal de Tokyo a de nouveau rejeté la demande de libération sous caution de Carlos Ghosn, estimant qu'il y avait un risque de destruction des preuves.