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Imposition des grandes fortunes : grosse imposition, petit rendement

[Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Selon un rapport de l’Institut Rexecode, l’imposition des grandes fortunes, sous toutes ses formes depuis 1982, génère un rendement négatif pour l’État. Chaque année, l’exil d’environ 550 contribuables fortunés coûte des milliards d’euros en recettes fiscales et freine la croissance économique, menaçant à la fois l’activité des entreprises et l’innovation.

"Taxer les riches nous rend encore plus pauvres." La conclusion d'un rapport de l'Institut Rexecode est sans appel. Alors que le débat budgétaire touche à sa fin, l'Institut s'est penché sur l'effet des différentes taxes sur les ménages les plus fortunés depuis 1982. 

D’abord l’impôt sur les grandes fortunes de François Mitterrand, prélevé jusqu’en 1997, puis l’impôt de solidarité sur la fortune du gouvernement Jospin. Un ISF qu’Emmanuel Macron a transformé en IFI à partir de 2018. Selon le bilan dressé par Rexecode, l’imposition des grandes fortunes, sous ses différentes formes, a un rendement négatif.

2,5 milliards d’euros de recettes fiscales perdus pour l’État

Un manque à gagner pour les comptes publics estimé à 9 milliards d’euros, accompagné d’un impact négatif sur la croissance, dû à l’exil d’environ 550 contribuables fortunés chaque année. Une fois parti, ils ne paient plus d'impôts sur le revenu ni sur la fortune. 

En 2024, l'État aurait ainsi perdu 2,5 milliards d'euros de recettes fiscales tandis que la taxation de la fortune lui a rapporté seulement 3 milliards d'euros. 

Ces départs nuisent à l'activité économique. Des dirigeants ou encore des actionnaires de référence de leur entreprise font leur valise. 

Des recettes fiscales à la baisse

À l'étranger, ils réduisent leurs investissements. Les entreprises sous-performent et l'État est perdant. Les recettes fiscales baissent, la croissance du PIB est affectée.

Enfin, il y a la fuite des talents, des créateurs d'entreprises à fort potentiel, notamment dans l'IA. Rexecode estime que ces départs représentent 5 à 7 milliards d'euros de recettes fiscales perdues et surtout un manque à gagner de 10 à 15 milliards d'euros pour la croissance du PIB.