Importation d'huile de palme : pour Lecornu, l'accord avec Total est "une étape dans la transition"

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Sébastien Lecornu, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, invité lundi sur Europe 1, a affirmé que l'accord signé avec Total concernant la bioraffinerie Total de La Mède a été "rééquilibré" par rapport à celui prévu initialement. 
INTERVIEW

"Nous n'avons pas remis en cause l'accord avec Total mais nous l'avons amélioré". Lundi, au micro de Patrick Cohen sur Europe 1, Sébastien Lecornu, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a tenu à justifier l'autorisation donnée à Total d'importer de l'huile de palme dans la bioraffinerie Total de La Mède dans les Bouches-du-Rhône, alors que les paysans se sont lancés dimanche dans un mouvement de blocage des raffineries et dépôts de carburant. "Le rééquilibrage (par rapport à l'accord précédent N.D.L.R), on l'a fait. Dans l'accord initial avec Total, on était à 75 % d'huile de palme importée. Alors que là, le plafond est de 50 % et il y a une obligation d'utiliser de l'huile recyclée", pointe le secrétaire d'Etat. 

"C'est mieux qu'avant". Sébastien Lecornu reconnait, à l'instar de Stéphane Travert lundi matin, qu'il n'a en revanche jamais été question de remettre en cause le projet : "C'est un héritage du gouvernement précédent qu'on ne renie pas car il s'agissait de sauver des emplois", assure-t-il. "Ce n'est pas de gaité de cœur (qu'il a été conservé) mais il est une étape dans la transition. C'est mieux qu'avant et il faut que ça soit moins pire demain", pointe-t-il, précisant qu'aujourd'hui, en France, 50 % des biocarburants sont déjà importés et déjà raffinés. "Et dans ces 50 %, on est parfois à des taux de 75 % d'huile de palme. Ça veut dire que le biocarburant produit à la Mède aura moins d'huile de palme dans ces composants que ce que nous importons".

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Pas de concurrence avec l'huile des agriculteurs. Par ailleurs, le secrétaire d'Etat assure que l'huile produite à la Mède ne sera pas en concurrence directe avec celle des agriculteurs français qui produisent de l'huile de colza et de tournesol comme le soutiennent la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. "Ce n'est pas la même technologie. Elle sera deux fois plus chère, elle n'aura pas la même application et elle n'aura pas la même qualité", assure-t-il.