Harley-Davidson : Washington fait face aux "conséquences" de ses décisions commerciales

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Pour Harley-Davidson, les taxations mises en place par l'administration Trump sont "non conformes aux règles de l'OMC". © SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Le célèbre fabricant de motos a choisi de délocaliser une partie de sa production après la décision de Donald Trump de taxer l'aluminium et l'acier.

La délocalisation annoncée lundi d'une partie de la production de Harley-Davidson en dehors des Etats-Unis pour échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles est une des "conséquences" de la politique commerciale américaine, a estimé mardi la commissaire européenne au Commerce.

Des droits de douane "illégaux". "Il était clair pour l'administration américaine que s'ils imposaient (à l'UE) des droits de douane sur l'aluminium et l'acier, nous les considérerions comme illégaux et non conformes aux règles de l'OMC, et qu'il y aurait des conséquences", à commencer par des mesures de rétorsion sur certains produits américains, a déclaré Cecilia Malmström lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Et, oui, bien sûr que les conséquences sont que les entreprises et les consommateurs américains - que nous ne voulons pas punir, mais c'est une conséquence malheureuse - vont réagir et mettre la pression sur l'administration américaine pour dire : 'Hey, attendez une minute, ce n'est pas bon pour l'économie américaine'. Et c'est ce qui se passe", a-t-elle ajouté.

40.000 motos vendues à l'Europe. Le constructeur emblématique de motos américaines Harley-Davidson a annoncé lundi délocaliser une partie de sa production, déplorant que les taxes douanières soient passées de 6% à 31% sur ses produits entrant sur le marché européen, ce qui renchérit le prix au détail de chaque véhicule de 2.200 dollars. Les motos destinées à l'exportation seront désormais fabriquées dans ses usines internationales hors du territoire américain. Le groupe vend quelque 40.000 motos par an en Europe, son 2e marché après les Etats-Unis.

Une plainte devant l'OMC. Depuis le 22 juin, Bruxelles a frappé une série de produits typiquement américains de droits de douane de 25%, des mesures de rétorsion après les taxes infligées par l'administration Trump sur l'acier (25%) et l'aluminium (10%) européens. Les Européens ont par ailleurs déposé une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et envisagent, selon Cecilia Malmström mardi, la mise en place de mesures provisoires dites "de sauvegarde" dès la "mi-juillet" pour protéger la sidérurgie européenne de la production étrangère qui ne trouverait plus de débouchés aux Etats-Unis.

"Depuis qu'ils nous ont imposé des tarifs, il n'y a pas de dialogue (avec les Etats-Unis) à ce sujet", a affirmé la commissaire suédoise. "Les discussions que nous avons [...] dans le domaine commercial, c'est le dialogue qui est en cours entre les États-Unis, le Japon et l'UE sur la réforme de l'OMC", a-t-elle ajouté.