Google sommé de s'expliquer après le licenciement de la chercheuse noire Timnit Gebru

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Timnit Gebru travaille sur les questions d'éthique liées à l'intelligence artificielle.
Timnit Gebru travaille sur les questions d'éthique liées à l'intelligence artificielle. © Kimberly White / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Des milliers de personnes, dont des employés de Google, ont signé une lettre en ligne pour protester contre le licenciement de Timnit Gebru de l'entreprise mercredi dernier. Cette chercheuse noire travaille sur les questions d'éthique liées à l'intelligence artificielle et avait critiqué Google, l'accusant de réduire "au silence les voix marginalisées".

Plus de 1.400 employés de Google et plus de 1.900 universitaires et membres de la société civile ont signé une lettre en ligne, selon un décompte samedi, demandant des explications à Google sur le licenciement d'une chercheuse noire. Timnit Gebru, qui travaille sur les questions d'éthique liées à l'intelligence artificielle (IA), avait tweeté mercredi que sa hiérarchie avait accepté une démission qu'elle affirme n'avoir pas soumise. Ce licenciement est intervenu après qu'elle se fut plainte auprès d'un groupe interne du fait que la firme californienne "réduise au silence les voix marginalisées".

Timnit Gebru a dû rétracter un article scientifique

Selon Timnit Gebru, Google lui a reproché certains "aspects" du courriel envoyé à ce groupe interne, qui seraient "en contradiction avec ce qu'on attend d'un manager chez Google". Selon la radio publique américaine NPR, elle avait aussi confié à ce groupe avoir reçu l'ordre de rétracter un article scientifique à propos d'une intelligence artificielle sur l'imitation de l'écriture humaine qui n'exacerberait pas les propos haineux ou biaisés.

Justifiant la demande de rétractation dans un courriel rendu public, le chef du département intelligence artificielle de Google, Jeff Dean, a expliqué que l'article n'avait pas atteint les niveaux d'exigence en vue d'une publication.

Des accusations de surveillance des employés militants à l'encontre de Google

En plus d'explications concernant cet article, les plus de 3.300 signataires de la pétition mise en ligne jeudi demandent un engagement "sans équivoque" de Google à respecter l'intégrité scientifique et la liberté académique. Dans l'e-mail du chef de la division IA transmis par Google, celui-ci affirme que l'article de Timnit Gebru "présentait des lacunes importantes qui nous empêchaient d'être à l'aise avec l'idée d'y associer le nom de Google".

Militante en faveur de plus de diversité, Timnit Gebru a co-fondé le groupe "Black in AI", dont l'objectif est d'accroître la présence de personnes noires dans le domaine de l'intelligence artificielle. Américaine d'origine éthiopienne, elle a notamment étudié la propension des technologies de reconnaissance faciale à faire des erreurs d'identification de personnes de couleur. Son licenciement intervient alors que Google a été sommé mercredi par une agence fédérale américaine de répondre à des accusations de surveillance à l'encontre de ses employés militants.