"Gilets jaunes" : les violences impactent durement le tourisme à Paris

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Le secteur du tourisme souffre de la crise sociale incarnée par les "gilets jaunes" à Paris. Les touristes, qui ont mis du temps à revenir dans la capitale après les attentats, l'évitent à nouveau.

Après les commerces en tous genres, c'est désormais le secteur du tourisme qui est touché par la crise des "gilets jaunes". Dirigeants d’hôtels, restaurateurs, tour opérateurs, tous font la même analyse : c'est une catastrophe ! Le nombre de réservations pour les prochaines semaines est en baisse de 50% par rapport à l'an dernier. L'hôtel Hyatt Regency de Paris, un établissement quatre étoiles, a par exemple enregistré en quelques jours plus de 2.000 annulations.

La suite de cet hôtel quatre étoiles juste à côté du Louvre à Paris est restée vide pour la nuit de dimanche à lundi. Tout comme un tiers des chambres de l'établissement. Oui car cet hôtel accueille surtout des touristes étrangers et, au standard d’Adeline, les annulations s'accumulent depuis le début des émeutes des gilets jaunes.

"Il faut expliquer aux gens que les incidents, c'est le samedi." "Ils pensent que c'est la guerre civile à Paris. On a des clients qui nous ont dit que tout était tout le temps fermé à Paris, qu'il n'y avait plus de banques ouvertes, qu'on ne pouvait plus retirer d'argent nulle part et que, du coup, c'était beaucoup trop dangereux de venir à Paris", confie-t-elle sur Europe 1. "Il faut vraiment expliquer aux gens que les incidents qu'il y a, c'est le samedi et que le reste de la semaine, Paris ça reste Paris, les Champs Elysées, la Tour Eiffel..."

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Le pire, c'est que depuis mercredi dernier, certains clients expliquent que leur pays recommandent à leurs ressortissants de ne pas se rendre à Paris, ce qui n'est pas fait pour aider le secteur. "Les tours opérateurs américains et japonais déconseillent à leurs clients de venir en France. Aujourd'hui nous avons un taux d'annulation de 20-25% dans les différents établissements qui nous font part de leur désarroi. Et nous auront du mal à rassurer cette clientèle", souligne sur Europe 1 Christian Mouisard, président de la Fédération nationale des offices de tourisme.

Entendu sur europe1 :
On a déjà des premières demandes d'annulation pour janvier et ça va nécessairement impacter une saison qui est toujours un peu difficile en janvier-février

Le secteur se remettait à peine du traumatisme des attentats. En conséquence de cette baisse de la clientèle, les hôtels sont contraints de baisser leurs prix. Dans cet hôtel où la chambre se loue 210 euros en moyenne, certaines sont bradées à 77 euros ces jours-ci. Pourtant l'hôtel affichait enfin complet depuis le début de l'année, après le traumatisme des attentats.

Si l'impact est différent cette fois-ci, la responsable de cet hôtel proche du Louvre, Sophie, craint toutefois qu'il ne s'installe une nouvelle fois dans la durée : "Rassurer une population étrangère sur la sécurité après les attentats, cela a été extrêmement difficile. Et là, on se retrouve dans une situation certes très différente mais qui touche exactement le même point sensible. On a même déjà des premières demandes d'annulation pour janvier et ça va nécessairement impacter une saison qui est toujours un peu difficile en janvier-février. On sait déjà que ce sera une saison morte."

Des touristes pourtant satisfaits de leur séjour, malgré les incidents. Pourtant, les touristes qui bravent leurs craintes et viennent quand même à Paris sont ravis de leur séjour, même s'ils ont évité les quartiers les plus sensibles. Certains ont toutefois dû résister à de fortes pressions avant de venir, comme Gill. Elle est américaine et sa mère n'était vraiment pas rassurée de la voir passer le week-end à Paris : "Le vendredi, elle m'appelle et elle me dit de ne pas venir, d'éviter Paris. Elle a vu à la télévision aux Etats-Unis que c'était très grave."

Et lorsqu'on lui demande comment s'est passé son séjour, sa réponse est sans appel : "Très bien, c'était incroyable !" L'absence de circulation a notamment été très appréciée. C'est vrai qu'il n'y avait quasiment pas de voitures ce week-end dans les rues de Paris.