"Gilets jaunes" : de "nombreuses défaillances" d'entreprises à craindre, redoute François Asselin

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François Asselin a appelé Bruno Le Maire à réactiver la cellule de continuité économique pour les TPE et PME touchées par le mouvement des "gilets jaunes".
François Asselin a appelé Bruno Le Maire à réactiver la cellule de continuité économique pour les TPE et PME touchées par le mouvement des "gilets jaunes". © ERIC PIERMONT / AFP
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Le président de la CPME François Asselin prévoit, dans un entretien au "JDD", que le mouvement des "gilets jaunes" entraîne "de nombreuses défaillances" de petites entreprises car "rater la fin de l'année, c'est rater son bilan."

La crise sociale du mouvement des "gilets jaunes" risque d'induire un ralentissement économique en fin d'année, susceptible d'entraîner "de nombreuses défaillances" de petites entreprises, redoute le président de la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), François Asselin, dans un entretien au JDD paru dimanche.

"Il y aura des lendemains douloureux", prédit Asselin. "Nous sommes très inquiets. L'activité de beaucoup de nos adhérents est perturbée. La fin de l'année va être très compliquée pour nombre [d'entreprises], notamment les TPE [très petites entreprises]. Car plus une entreprise est petite, plus elle est fragile. Les commerçants sont en première ligne. On doit s'attendre à de nombreuses défaillances", craint François Asselin dans Le Journal du Dimanche. "Rater la fin de l'année, c'est rater son bilan. Il y aura donc des lendemains douloureux", insiste-t-il.

Pour une réactivation de la "cellule de continuité économique". Il indique avoir demandé au ministre de l'Économie Bruno Le Maire de "réactiver la cellule de continuité économique* qui avait été mise en place après les inondations dans le sud de la France" et a réclamé "un report des échéances fiscales et sociales pour accompagner ceux qui sont en difficulté".

Un appel aux banques. Le président de l'organisation patronale en a appelé également aux banques, leur demandant d'avoir "un regard bienveillant concernant les ouvertures et renouvellements de crédit". "La confiance est essentielle, l'économie doit être soutenue. Les Français sont inquiets et n'ont pas le moral, cela conduit au repli sur soi. En cette période proche de Noël, le pays a besoin de douceur", selon François Asselin.

10 milliards d'euros de pertes ? L'impact de la crise liée au mouvement sur la croissance du dernier trimestre entraînera "des licenciements", a martelé François Asselin, en estimant que dans un territoire comme La Réunion, "les perturbations sociales auraient généré près de 600 millions d'euros de manque" à gagner. "Si on extrapole au niveau de la France, ce chiffre monterait à 60 milliards. Ça ne sera pas le cas, mais à 10 milliards d'euros de pertes, certainement", a estimé François Asselin.

Favorable à la prime de 1.000 euros. Se disant prêt "à étudier des solutions pour améliorer le pouvoir d'achat, François Asselin s'est dit favorable au versement d'une prime de 1.000 euros défiscalisée et désocialisée, comme suggéré par le gouvernement, indiquant même l'avoir proposée en décembre 2017. Mais, prévient François Asselin, "il y a des entreprises qui n'auront pas les moyens de la verser, notamment celles qui sont touchées par la situation actuelle".

*La cellule de continuité économique (CCE), qui peut être réactivée en cas d'événement ayant un fort impact sur l'activité, réunit les représentants de l'ensemble des secteurs économiques et les services de l'État. Elle permet le cas échéant d'informer les acteurs économiques des mesures prises, comme l'étalement des échéances fiscales et sociales, pour limiter les conséquences immédiates d'une crise pour les entreprises.