EPR de Flamanville : EDF envisage des travaux et un nouveau retard après l'avis de l'ASN

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Le démarrage de l'EPR de Flamanville est prévu pour fin 2019, mais un retard est probable. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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avec AFP , modifié à
Alors que des experts de l'Autorité de sûreté nucléaire ont prôné des travaux sur l'EPR de Flamanville, EDF ouvre la porte à une mise en service après 2019.

Le feuilleton des retards de l'EPR de Flamanville risque de s'enrichir d'un nouvel épisode : les experts de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont estimé qu'EDF devrait y engager des travaux complexes à la suite de problèmes de soudures. Jeudi soir, EDF a estimé jeudi que les recommandations des experts de ASN "pourraient impacter le calendrier de mise en service et le coût de construction".

"Écarts de qualité" sur des soudures

L'électricien fournira un point précis une fois que l'ASN aura publié son avis dans ce dossier, qui concerne huit soudures difficiles d'accès, ajoute-t-il dans un communiqué. EDF avait annoncé il y a un an des "écarts de qualité" sur des soudures du réacteur nucléaire en construction dans la Manche, en Normandie, dont le démarrage est officiellement prévu fin 2019. Ces soudures se situent au niveau des tuyauteries du circuit secondaire principal, qui relient le générateur de vapeur et la turbine qui produit l'électricité.

EDF avait proposé de les laisser en l'état, en prouvant avec des essais qu'elles ne posaient pas de problème de sûreté, et de renforcer les contrôles pendant le fonctionnement du réacteur. L'électricien aurait ainsi évité des travaux complexes, potentiellement longs et coûteux. Toutefois, cette possibilité a été rejetée cette semaine par le groupe permanent d'experts pour les équipements sous pression nucléaire (GP ESPN) de l'ASN. Ces experts jugent que la première option pour EDF est de "réparer ces huit soudures pour les mettre en conformité", indique l'ASN dans une note d'information publiée jeudi.*

Risque de non-respect des délais

La seconde option consiste à "renoncer à la démarche d'exclusion de rupture les concernant en apportant des modifications au réacteur permettant de prendre en compte de telles ruptures dans sa démonstration de sûreté". Cette démarche dite d'"exclusion de rupture" consiste à estimer que le matériel atteint un niveau de qualité tel qu'une rupture peut être exclue par principe. Mais en renonçant à ce principe, EDF devrait engager des travaux complexes pour améliorer les systèmes de sûreté de son réacteur.

Le chantier de l'EPR risque fort désormais de connaître de nouveaux retards. Le président de l'ASN Bernard Doroszczuk avait estimé fin janvier que si les huit soudures devaient être reprises, "le délai aujourd'hui envisagé par EDF pour la mise en service de l'EPR ne pourrait pas être respecté". Le chargement du combustible nucléaire est pour l'instant officiellement prévu fin 2019 pour une enveloppe de 10,9 milliards d'euros. Le calendrier et les coûts ont déjà dérapé à de multiples reprises. Un retard important compliquerait aussi la prise de décision du gouvernement, qui veut disposer d'ici la mi-2021 des informations nécessaires pour se décider à construire éventuellement de nouveaux EPR en France.