À 4,9%, le taux d'emprunt à 10 ans des obligations françaises est le plus élevé d'Europe. Dans ce contexte inflammable, la moindre étincelle, comme le rejet du projet de loi de finances ou la censure du gouvernement, pourrait plonger la France dans une crise financière. Si l'Europe devait apporter une aide financière pour alléger la pression des taux, cela se fera en échange de contreparties importantes.
Alors que la France est plongée en pleine incertitude budgétaire et politique, les taux d'intérêt des obligations d'État flambent. Les investisseurs réclament une prime de risque de plus en plus importante pour détenir de la dette française. À 4,9%, le taux d'emprunt à 10 ans des obligations tricolores est le plus élevé d'Europe.
Pour le moment, la Banque centrale européenne n'a pas l'intention d'apporter une aide financière à la France, estimant que "la solution principale et prioritaire se trouve en France même et elle passe par les politiques budgétaires", selon Christine Lagarde. Mais la situation difficile autour du sujet du budget pourrait provoquer une crise financière.
Repousser l'âge légal de départ à la retraite pour bénéficier de l'aide européenne
Dans ce contexte, l'Union européenne dispose du mécanisme de stabilisation financière : le MES. C'est cette institution qui interviendrait en cas de crise financière. Elle peut acheter jusqu'à 60 milliards d'euros d'obligations souveraines sur les marchés financiers. L'objectif est de faire baisser les taux pour aider un pays membre qui ne parvient plus à financer sa dette.
Le Portugal, la Grèce et l'Irlande en ont déjà bénéficié. Mais au préalable, la France devrait présenter un plan de redressement drastique des finances publiques à la Commission européenne, comme l'explique l'économiste Éric Dor.
"Ce plan serait d'une dureté bien supérieure au projet de budget Lecornu par exemple. On a vu ces pays devoir concéder des baisses drastiques du montant des retraites, des salaires des fonctionnaires, des très fortes réductions des effectifs de la fonction publique". Pour bénéficier de l'aide européenne, la France devra aussi s'engager à repousser l'âge légal de départ à la retraite. Le Portugal et l'Irlande l'ont eux déjà fixé à 66 ans.