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Crise des carburants : en grande difficulté, les artisans des Bouches-du-Rhône fustigent le prêt flash du gouvernement

Des chauffeurs-routiers avaient manifesté le 31 mars dernier face à l'annonce d'un prêt flash du gouvernement pour les carburants. [Estelle Ruiz / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le gouvernement français va mettre à disposition des entreprises en difficulté un prêt flash à 3,80% pour acheter du carburant. Alors que les prix des carburants ne semblent toujours pas s'abaisser, les professionnels dans les Bouches-du-Rhône jettent un regard critique sur la méthode.

Pour Pascal Sault, plombier-chauffagiste, l'addition est salée à chaque plein. Au total, chacun de ses camions a besoin de 200 euros d'essence à chaque passage à la station-service. L'homme, qui emploie six salariés dans son entreprise, subit de plein fouet la hausse des prix des carburants, conséquence directe du conflit au Moyen-Orient.

Mais la hausse du gasoil est loin d'être le seul problème : "Tout augmente, tout, sans compter les matières premières. Le prix de la hausse de l'énergie, ça génère aussi des problèmes de fourniture de matériaux, comme le cuivre, comme il y a tout plein d'acier. Et ça génère d'autres problèmes en cascade", explique-t-il.

Quatre entreprises du bâtiment ferment chaque semaine dans le département

Résultat, les marges s'effondrent et les artisans doivent répercuter les hausses sur leurs devis. Mais là encore, rien n'est facile. "Sur tous les devis que j'ai faits, il n'y en a aucun qui se signe. Donc je me pose des questions. Comment je vais faire pour me sortir de tout ça ?", s'interroge-t-il.

Dans le département des Bouches-du-Rhône, les défaillances d'entreprise se multiplient, s'alarme Patricia Blanchet-Bhang, président de la Confédération des artisans du bâtiment. "Quatre entreprises, toutes les semaines, sont en cessation de paiement. Parce qu'ils n'en peuvent plus. On a une succession de crises. Depuis la crise du Covid qui met les entreprises en difficulté, tous ces services de proximité vont s'éteindre", s'insurge-t-elle.

Selon eux, dans cette période difficile, le prêt flash de l'État n'est rien d'autre qu'un pansement sur une jambe de bois.