Congé supplémentaire de naissance : ces retards de versement qui inquiètent les jeunes parents

Par
Auteur/Animateur
Publié le
Alors que la fécondité est au plus bas en France, le congé supplémentaire de naissance devait soutenir les jeunes parents. Mais le dispositif connaît des retards de versement. Plusieurs familles attendent toujours leur indemnisation, parfois indispensable pour boucler les fins de mois. [BERND WEISSBROD / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP]

Alors que la fécondité est au plus bas en France, le congé supplémentaire de naissance devait soutenir les jeunes parents. Mais le dispositif connaît des retards de versement. Plusieurs familles attendent toujours leur indemnisation, parfois indispensable pour boucler les fins de mois. 

C’était l’une des mesures censées accompagner les jeunes parents et encourager le désir d’enfant en France, dans un contexte de fécondité au plus bas. Mais le congé supplémentaire de naissance connaît un démarrage difficile. Le versement des indemnisations, initialement prévu en juillet, a été décalé de plusieurs mois pour certains bénéficiaires.

Géré par l’Assurance maladie, ce dispositif doit permettre aux parents de percevoir une indemnisation représentant environ 60 à 70% de leur rémunération. Mais dans les faits, plusieurs familles attendent encore le versement de cette aide, alors même qu’elles ont déjà transmis les documents nécessaires. Irina, 27 ans, a donné naissance à un petit garçon le 21 mars dernier. 

Après l’accouchement, elle a effectué toutes les démarches pour obtenir le congé supplémentaire de naissance. Son employeur a transmis l’attestation de salaire ainsi que l’acte de naissance. Pourtant, après un mois, aucune indemnité ne lui a été versée. "Je voyais que sur mon dossier, il n’y avait rien d’actualisé. Et ils m’ont dit au téléphone et par mail que finalement, il fallait que j’attende le 3 septembre pour juste un traitement de dossier. Donc je ne suis pas près d’avoir des indemnités", raconte la jeune mère. 

"On est clairement dans l’embarras"

Une situation qui la plonge dans l’inquiétude. Dans son foyer, seul son conjoint travaille actuellement. Sans cette aide, le budget familial devient très difficile à tenir. "On est clairement dans l’embarras. Si on n’a aucune rentrée d’argent, à part le salaire de mon conjoint, ça ne suffira pas", confie-t-elle. La jeune mère redoute désormais de ne plus pouvoir payer certaines charges du quotidien. 

"Très clairement, on ne peut pas payer le loyer. Il va falloir qu’on demande de décaler le loyer, de décaler l’EDF, et on ne sait pas comment on va faire. Là, on a besoin de cet argent, sinon on ne peut pas vivre", poursuit-elle. Cette inquiétude est partagée par Jérémy, devenu père d’un deuxième enfant cette année. 

Lui avait heureusement mis un peu d’argent de côté pour anticiper les dépenses liées à la naissance. Mais ses réserves s’amenuisent. "Je vis sur mes réserves. Forcément, qui dit naissance dit nouvelle chambre. Ce sont souvent des travaux que ça induit, mais ça implique aussi des dépenses. Il serait temps que ça arrive quand-même", témoigne-t-il. 

De son côté, l’Assurance maladie affirme que les versements ont bien commencé. Elle rappelle toutefois qu’un nombre important de dossiers doit être examiné, ce qui peut expliquer certains délais.