Conflit à la SNCF : "Dans une partie de bras de fer, chacun montre ses muscles"

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L'économiste Pascal Perri, invité d'Europe 1 lundi soir, est revenu sur le conflit en cours entre les agents de la SNCF et la direction autour de l'exercice du droit de retrait. 
INTERVIEW

Invité du Grand journal du soir d'Europe 1, lundi, l'économiste Pascal Perri, auteur de l'ouvrage SNCF : un scandale français en 2009, a été invité a commenté le conflit en cours au sein du transporteur, entamé vendredi par l'exercice d'un droit de retrait. "Il y a deux appréciations juridiques assez différentes", estime Pascal Perri. "L'Inspection du travail a une version du droit de retrait assez accordéon, alors que la Cour de Cassation dit que le droit de retrait ne peut s'exercer qu'à un moment donné, dans un endroit donné." Pour Pascal Perri, les syndicats et la SNCF sont désormais entrés dans "une partie de bras de fer, où chacun montre ses muscles".

Les cheminots, "en particulier la CGT", ont utilisé l'accident ferroviaire "pour lancer un mouvement" qui devrait se poursuivre le 5 décembre prochain, dans la rue, contre la réforme des retraites. De l'autre côté, la direction évoque un usage peut-être abusif de ce droit de retrait "et des sanctions", qu'elles soient financières ou disciplinaires. "Chacun montre ses forces à l'adversaire. C'est comme la dissuasion nucléaire, quand on a l'arme nucléaire, il vaut mieux ne pas l'utiliser."

Pascal Perri ne pense d'ailleurs pas "très judicieux" de porter l'affaire devant la justice. "Judiciariser cette affaire serait souffler sur les braises", selon l'économiste, qui estime que cela "ne serait pas très utile au conflit". 

Un coût de 10 à 15 millions d'euros 

Alors que les grèves perlées avaient coûté près de 20 millions d'euros à la SNCF, le conflit de ce week-end ne devrait pas "excéder 10 à 15 millions d'euros" de coût au transporteur selon Pascal Perri. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a notamment annoncé la création d'un fonds d'indemnisation d'un million d'euros, qui servira à dédommager les clients de "leurs faux frais, comme une chambre d’hôtel ou un taxi". Et puis il y a tous les billets qu'il faudra rembourser. Mais là, "il est un peu plus difficile" de faire les comptes pour Pascal Perri, car il s'agit tout de même d'un week-end de départ en vacances. 

Europe 1
Par Cédric Chasseur