Eau : "Le juste prix dépend des conditions locales" et "de l'investissement des élus locaux"

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Elisabeth Chesnais, spécialiste de l'environnement à "Que Choisir", qui publie une enquête sur le prix de l'eau, décrypte jeudi sur Europe 1 les écarts de prix entre les communes françaises.
INTERVIEW

L'eau qui coule de notre robinet est elle trop chère ? Oui dans certaines villes, si l'on en croit une enquête menée par le magazine Que choisir, publiée cette semaine, qui a passé en revue mille factures et mille collectivités pour constater les écarts de prix. "Le juste prix dépend des conditions locales. Si vous avez une eau souterraine qui n'est pas polluée, c'est moins cher à potabiliser qu'une eau superficielle de fleuve qui serait polluée", explique jeudi Elisabeth Chesnais, spécialiste de l'environnement à "Que Choisir" invitée au micro de Raphaëlle Duchemin, sur Europe 1. "Mais ça n'explique pas les écarts vertigineux que l'on a constaté".

Près de 2 euros d'écart par m3. A Aix-en-Provence, ouvrir le robinet coûte ainsi 2,83 euros par m3 contre 4,87 euros par m3 au Havre, une ville de taille équivalente, relève l'enquête. "Aix-en-Provence est en régie. Elle rejette ses eaux usées en milieux naturels classés sensibles ce qui veut dire que son assainissement doit répondre aux normes les plus exigeantes. Donc on ne peut pas expliquer les écarts de prix avec une même ville de 100.000 habitants même si les conditions aux Havre sont compliquées", assure la journaliste.

Régie vs opérateur privé. Selon elle, les différences de prix se comprennent d'abord par le mode de gestion de l'eau choisi par une commune. "La régie doit couvrir ses frais de fonctionnement, assurer ses investissements alors qu'un opérateur privé doit engranger des bénéfices, rémunérer ses actionnaires, des frais de siège. Il doit réaliser une marge en plus de tout ce que fait une régie. Mais certaines régies délèguent une partie de ses réseaux au privé, et dans ce cas, elles ne sont pas aussi compétitives", précise-t-elle.

Négocier. Pour maîtriser les coûts de l'eau, il faut avant tout négocier. C'est le cas pour le Grand Lyon. Depuis quelques années, l'opérateur Véolia, qui gère l'eau pour l'agglomération a accepté de rogner sur ses marges. "La clé d'un bon contrat, c'est l'investissement des élus locaux", insiste Elisabeth Chesnais. "Aujourd'hui Lyon est une ville compétitive avec Véolia à 3,08 euros le m3 parce que les élus ont décidé d'engager un bras de fer avec les opérateurs privés."