Code du Travail : le gouvernement avance en terrain miné avec les salariés du transport routier

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La ministre du Travail a promis une réponse aux inquiétude formuler par les routiers. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Les syndicats des transports routier annoncent une grève reconductible à partir de lundi. La menace d'un blocage pourrait pousser le gouvernement à revoir sa copie.

C'est par eux que pourrait s'embraser la gronde contre la réforme. Le gouvernement va-t-il adoucir la potion des ordonnances "travail" pour les employés du transport routier ? Après les ralentissements de lundi provoqués par des opérations escargot de la CFDT et de la CFTC, et alors que la CGT et FO annoncent une grève reconductible à compter de lundi 25 septembre, des réunions se sont tenues et doivent encore se tenir mercredi, avec les syndicats concernés pour examiner leurs demandes. La crainte d'un blocage des routes n'est probablement pas étrangère à cette attention portée aux salariés du transport routier.

La négociation des primes. "Le gouvernement est attentif à la demande des salariés du transport routier, et il leur apportera une réponse". Cette précision donnée mardi soir par l'entourage de la ministre du Travail Muriel Pénicaud n'est visiblement pas de pure forme, car les routiers sont très remontés contre plusieurs articles des ordonnances. Notamment contre la possibilité qui sera offerte aux employeurs de négocier les primes au niveau de chaque entreprise, alors qu'aujourd'hui elles sont verrouillées au niveau de la branche. Une disposition inacceptable pour les syndicats, sachant que dans le transport routier de marchandises, entre les primes de repas, les primes de nuit, les primes de long déplacement (et la liste ne s'arrête pas là), certains chauffeurs gagnent autant, sinon plus, chaque mois, en primes qu'en salaire.

Rapport de forces. Une mesure d'autant plus inacceptable, ajoutent les syndicats, que les entreprises du secteur sont majoritairement des TPE, et que là aussi c'est une nouveauté des ordonnances : la négociation dans les TPE pourra se faire sans les syndicats. On verra vendredi, avec l'adoption définitive des ordonnances, si le gouvernement répond à ces inquiétudes, et comment il répond. L'année dernière, sur la loi El Khomri, les syndicats du transport routier avaient déjà mis un gros coup de pression et qu'au bout de cinq jours, pas plus, le gouvernement Valls leur avait donné gain de cause.