Face à l'envolée des prix des carburants, la guerre d'Iran et le blocage du détroit d'Ormuz ne sont pas les seules explications. Dans Europe 1 matin, l'expert de l'énergie Francis Perrin pointe une fragilité plus ancienne : un parc de raffinage vieillissant et conçu pour produire de l'essence, alors que les automobilistes français se sont massivement tournés vers le diesel.
La crise actuelle des carburants remet en lumière une faiblesse industrielle souvent ignorée. Alors que les tensions géopolitiques perturbent les approvisionnements mondiaux, la France apparaît particulièrement exposée sur le gazole. Une situation qui, selon Francis Perrin, trouve ses racines dans plusieurs décennies d'évolution de la politique énergétique et du raffinage national.
"On exportait de l'essence et on importait du gazole"
"Notre parc de raffinage a été conçu il y a des décennies pour produire le plus possible d'essence", rappelle Francis Perrin au micro de Dimitri Pavlenko. Or, avec la généralisation des véhicules diesel, "on s'est retrouvé avec de gros besoins en gazole et un parc de raffinage qui n'en produisait pas assez", explique-t-il dans Europe 1 matin. Selon l'expert, cette inadéquation résulte d'un outil industriel ancien, alors que la France n'a plus construit de raffinerie depuis plusieurs décennies.
Conséquence : "On exportait de l'essence parce qu'on en avait trop et on importait du gazole des marchés internationaux", souligne Francis Perrin. Selon les chiffres évoqués sur Europe 1, la France raffine environ 90 % de l'essence qu'elle consomme mais seulement la moitié de son gazole, ce qui la rend particulièrement vulnérable lorsque les approvisionnements mondiaux sont perturbés.