La Cour des comptes a appelé mardi le Parlement à maintenir l'objectif gouvernemental de 12,7 milliards d'euros de déficit de la Sécurité sociale en 2027, contre 21,8 milliards prévus en 2026. Elle met en garde contre une dérive qui pourrait porter la dette sociale à 130 milliards d'euros.
La Cour des comptes a appelé mardi 20 octobre le Parlement à "tenir" l'objectif de réduction de moitié du déficit de la Sécurité sociale proposé par le gouvernement dans le projet de budget de la Sécurité sociale 2027.
"Le (chiffre de) 12,7 milliards (de déficit en 2027, contre 21,8 prévu en 2026), il faut le tenir", a estimé Bernard Lejeune, président de la sixième chambre de la Cour, en présentant à la presse une note d'analyse sur les finances de la Sécurité sociale.
Cet objectif "est indispensable pour sécuriser la situation" budgétaire de la Sécu et éviter de l'amener dans une impasse financière, a-t-il estimé. L'examen du projet de budget commence mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée.
Les députés ont rejeté le texte en commission, non sans avoir voté des amendements portant le déficit à près de 21 milliards d'euros, selon l'estimation du rapporteur général du budget, Thibault Bazin.
Le projet gouvernemental "part déjà" avec de la "fragilité", selon la Cour des comptes
Pour la Cour des comptes, tenir l'objectif de 12,7 milliards de déficit est d'autant plus important que le projet de budget présenté par le gouvernement "part déjà" avec de la "fragilité", notamment dans ses hypothèses "favorables" de croissance économique et de croissance de la masse salariale, a expliqué Bernard Lejeune.
"Alors si en plus on dit 'pourquoi pas 16, ou 17 milliards' de déficit, on pourrait bien finir à 22 milliards" à la fin de l'année, a-t-il prévenu.
A ce niveau de déficit, "on file vers les 130 milliards d'euros" de dette de l'Acoss, le trésorier de la Sécurité sociale, ce qui serait "une situation extrêmement périlleuse pour les finances sociales", a-t-il indiqué.
En effet, le marché sur lequel l'Acoss emprunte (un marché de court terme à un ou deux ans) "n'a pas forcément la capacité" d'absorber un tel volume de dette, a-t-il expliqué.