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Budget 2027 : retraites, niches fiscales… Les pistes d'économies sur la table

[Corinne Simon / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Alors que le gouvernement prépare le dernier budget du quinquennat d'Emmanuel Macron, l'exécutif cherche plusieurs milliards d'euros d'économies pour réduire le déficit public. Désindexation des retraites et niches fiscales sont notamment dans le viseur.

La présentation du budget 2027 est l'un des moments très attendus de cette rentrée politique. Il s'agit du dernier de la présidence d'Emmanuel Macron, et le gouvernement doit déposer son projet de loi de finances au Parlement au plus tard le 6 octobre 2026. 

À Bercy, la préparation de la copie est en cours et sera transmise à Matignon dans les prochaines semaines. Les derniers arbitrages reviendront au Premier ministre, Sébastien Lecornu. En attendant cette première mouture, les pistes d'économies se multiplient.

La France est lestée par un endettement record. Les taux d'emprunt s'envolent, tout comme la charge des intérêts de la dette. Et pourtant, faute de majorité et à quelques mois de la présidentielle, le gouvernement devrait à nouveau présenter un budget de compromis.

Cibler les retraites des plus aisés

Alors que l'exécutif craint de ne pas atteindre son objectif de ramener le déficit public à 5% en 2026, la cible pour 2027 serait fixée juste en dessous, à 4,9%. L'effort paraît modeste, mais il suppose des économies importantes. Bercy a donc remis sur la table la désindexation des retraites. Si l'ensemble des pensions était gelé à son niveau actuel, sans prise en compte de l'inflation, les économies pourraient atteindre 6 milliards d'euros.

"La question d'une indexation plus modérée de leur pension mérite d'être posée", selon Roland Lescure. Concrètement, seuls les retraités modestes verraient leur pension revalorisée sur l'inflation, attendue à un peu plus de 2%. A partir d'un certain seuil de revenus, les autres retraités auraient bien droit à une revalorisation, mais pas à la hauteur de l'inflation. 

Cette sous-indexation partielle des pensions les plus élevées cumule néanmoins des handicaps. D'abord, son rendement de quelques centaines de millions d'euros seulement, mais aussi son impopularité.

"Il y en a marre de cet âgisme"

Les retraités ont le sentiment d'être stigmatisés, à l'image d'Alain Laforet, membre du bureau de la Fédération nationale des associations de retraités : "On parlait des gens qui ont travaillé 40 ans dans les économies. C'est un peu normal qu'on ait un peu plus de patrimoine qu'un jeune de 25 ans qui vient d'entrer en métier. Il y en a marre de cet âgisme, cette personne âgée bâchisme". 

À quelques mois de la présidentielle, Sébastien Lecornu sait toutefois que rouvrir le dossier explosif de l'indexation des retraites n'est pas sans risque. Ses prédécesseurs Michel Barnier et François Bayrou ont tenté d'activer ce levier avant d'être censuré.

Mais le gouvernement privilégierait une mesure ciblée sur les retraites des plus aisés. L'exécutif veut aussi s'attaquer aux niches fiscales : comme en 2025, l'abattement de 10% dont bénéficient les retraités est sur la sellette. D'autres avantages fiscaux très coûteux sont également dans le viseur, comme le crédit d'impôt sur les services à la personne et le crédit d'impôt recherche. À eux deux, ces dispositifs coûtent 15 milliards d'euros par an à l'État.